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mercredi 21 août 2013

Apprendre à manger pour apprendre à aimer



Au cours des âges, les conceptions de l’amour et de la sexualité ont évidemment évolué. Les primitifs se conduisaient dans ce domaine avec la plus grande brutalité, la plus grande grossièreté ; c’étaient des fauves affamés, des volcans en éruption, des océans déchaînés. Au fur et à mesure du temps, plus ou moins, avec l’éveil de la conscience et de la vie spirituelle, de nouveaux éléments se sont ajoutés : le respect de l’autre, la tendresse, la délicatesse… et pourtant, même aujourd’hui, dans la majorité des cas, l’amour est resté une manifestation primitive. Cet amour passionnel, instinctif, que les humains ont pratiqué pendant des millénaires, est si profondément gravé en eux qu’ils ne savent pas tellement comment l’affiner, l’ennoblir. Rien n’est plus difficile, c’est vrai, mais rien n’est plus facile aussi quand on connaît quelques règles.

L’amour, c’est la vie divine qui descend du Ciel et qui pénètre jusque dans les régions les plus denses de la matière pour les arroser, les vivifier. Cette vie jaillit pure et cristalline du sommet de la montagne ; mais en descendant, comme un fleuve elle se charge des impuretés des régions qu’elle est obligée de traverser. C’est la même énergie qui vient du soleil, la même lumière, la même chaleur, la même vie qui se manifeste partout dans l’univers. Mais les humains, ignorants, ne cessent de la gâcher en la considérant seulement comme un moyen de propagation de l’espèce ou un instinct dont la satisfaction leur donne du plaisir ; ils ne savent pas que c’est une énergie divine, la plus puissante, la plus essentielle, et qu’ils ont la tâche de la rendre à nouveau aussi pure qu’elle l’était au commencement, en haut.

Par la pensée éveillée, par une attention soutenue, par un contrôle intelligent, nous pouvons tous faire un travail sur nous-mêmes afin que cette énergie redevienne aussi limpide que la lumière du soleil.il y adonc quelques règles à connaître, bien sûr, mais pour les appliquer il ne faut pas attendre de tenir quelqu’un dans ses bras pendant l’amour. Etant donné que ce sont les mêmes lois qui régissent tous les domaines, on peut déjà s’exercer dans les différentes activités de la vie quotidienne, bien avant même d’aimer quelqu’un et de lui manifester cet amour.

Chaque jour, n’est-ce pas, vous préparez la nourriture et vous mangez. Mais vous n’avalez pas tout, vous faites des triages, car il y a toujours quelque chose de sale ou d’indigeste qu’il faut laver ou rejeter. L’être humain, qui est plus évolué que les animaux, fait des triages pour la nourriture ; mais quand il s’agit des sentiments et des pensées, il avale tout. Et c’est bien pire encore quand il s’agit du domaine de l’amour et de la sexualité. Il ne sait pas que cette nourriture – l’amour – qu’il va manger et donner à manger à l’autre, il faut la nettoyer, sinon dans les échanges qu’il aura avec lui, ou avec elle, vont se glisser des germes de maladie et de mort que sa conscience n’aura pas été capable de voir et d’éliminer. Oui, la mort se glisse dan un amour où il n’y a ni conscience, ni contrôle, ni lumière ; et c’est cet amour-là qui est partout chanté, louée, glorifié. Tellement peu de gens connaissent un autre amour !

Vous serez peut-être un peu étonné que je compare l’amour à la nutrition, mais ce sont les mêmes lois. Pourquoi les homes et les femmes se cherchent-ils ? C’est la faim et la soif qui les poussent. Ils ont faim, ils ont soif, et ils veulent manger et boire. Aimer, c’est exactement comme se nourrir, ce sont les mêmes besoins et les mêmes processus. Combien de fois je vous l’ai dit : lorsque vous mangez, vous devez oublier tout le reste pour penser seulement à lier ce processus de la nutrition avec l’univers entier, afin que toutes ces énergies ne servent pas seulement à nourrir votre corps physique, mais soient aussi dirigées vers le haut pour nourrir vos corps subtils. Celui qui n’a pas compris les processus de la nutrition, ne comprendra pas non plus ceux de l’amour, car ils obéissent aux mêmes lois de l’alchimie spirituelle ; en mangeant automatiquement, ou seulement pour le plaisir, sans faire aucun travail spirituel, il ne se prépare pas à faire ce travail pendant les échanges de l’amour et il restera toujours aussi grossier, limité et insatisfait. Si j’insiste depuis des années sur cette question d‘apparence insignifiante : la façon de manger, c’est que j’au un but bien précis. En commençant par la nutrition, en apprenant à manger d’après de nouvelles règles, on devient capable de se nourrir aussi des effluves, des émanations, des rivières qui jaillissent de la Source divine ... Tout commence par une bonne compréhension de la nutrition. Alors, maintenant, tâchez de prendre cela au sérieux.

Avant de vous mettre à table, vous vous lavez les mains, et même si de nos jours ces pratiques se perdent de plus en plus, vous faites une prière pour inviter le Seigneur à partager votre repas. Se laver les mains et invite le Seigneur à sa table, rien que ces pratiques vous apporteront beaucoup ; avant de vous approcher de l’être que vous aimez, avant de le prendre dans vos bras, vous saurez inviter les anges à participer à ce festin. Et puisque la nutrition est un acte sacré, il est préférable de s’habituer à manger dans le silence. Car ne croyez pas que le silence à table est une habitude qui serait seulement bonne pour les couvents. Dans le silence vous préparez les conditions pour recevoir les matériaux qui entreront dans l’édification de vos organes physiques et psychiques.

Lorsque vous prenez la première bouchée, mastiquez-la consciemment, le plus longtemps possible, jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans votre bouche sans même que vous ayez à l’avaler. L’état dans lequel on prend la première bouchée est très important ; il faut le faire dans les meilleures dispositions possibles, parce que c’est cette première bouchée qui déclenche intérieurement tous les rouages. N’oubliez jamais que le moment essentiel d’un acte est son commencement ; c’est lui qui donne le signal pour le déclenchement des forces, et ces forces ne s’arrêtent pas en chemin, elles vont jusqu’au bout. Si on commence dans un état harmonieux, tout le reste se fera harmonieusement. Manger lentement et bien mastiquer favorisent la digestion, bien sûr, mais il faut aussi savoir que la bouche, qui est la première à recevoir la nourriture, est comme un laboratoire ; elle joue dans un plan plus subtil le rôle d’un véritable estomac ; elle absorbe les particules les plus fines, donc les plus actives, et ce sont les matériaux plus grossiers qui sont envoyés dans l’estomac. Puis, étant donné que l’homme ne possède pas seulement un corps physique, mais d’autres corps qui sont les sièges de ses fonctions psychiques et spirituelles (le corps éthérique, astral, mental, causal, bouddhique, atmique) la question se pose aussi pour lui de savoir comment les alimenter. Je vous ai dit qu’il faut bien mastiquer les aliments, mais la mastication est surtout pour le corps physique ; pour le corps éthérique il faut ajouter la respiration. De même que l’air avive la flamme – vous savez que pour ranimer un feu il n’y a qu’ souffler dessus – de même, de profondes respirations au cours du repas favorisent la combustion. La digestion est une combustion, et de même la respiration et la réflexion ; seuls le degré de chaleur et la pureté de la matière diffèrent d’un processus à l’autre.

Donc, en mangeant, il est bon de s’arrêter de temps en temps pour respirer profondément, afin que cette combustion permette au corps éthérique de retirer de la nourriture des particules plus subtiles. Le corps éthérique étant porteur de  la vitalité, de la mémoire et de la sensibilité, on bénéficie de son bon développement.

Le corps astral, lui se nourrit de sentiments, d’émotions, donc d’éléments encore plus immatériels que les particules éthériques. Et si vous êtes sensible, vous sentirez que la nourriture n’est pas autre chose qu’une lettre d’amour écrite par le Créateur ! Alors, comment peut-on négliger cette lettre ? Comment ne pas y répondre aussi avec amour ? Tous les hommes, toutes les femmes, quand ils reçoivent une lettre de celui ou celle qu’ils aiment, regardez avec quelle ferveur ils la lisent, la relisent ; ils sont heureux et la conservent précieusement. Mais la lettre du Créateur, on l’envoie au panier, elle ne mérite pas d’être lue… Eh bien, d’après moi la nourriture est la lettre d’amour la plus éloquente, la plus puissante, puisqu’elle nous apporte la vie, la force ; et apprendre à lire cette lettre, c’est cela la véritable communion.

Pour nourrir votre corps mental, vous devez apprendre à vous concentrer sur la nourriture, en pensant qu’elle est faite de particules d’énergies qui ne viennent pas seulement de la terre, mais de l’univers entier. Car en réalité, la nourriture se matérialise sur la terre exactement comme les enfants se matérialisent dans le sein de la mère ; a l’origine, les plantes, les fruits sont des esprits dans l’espace, mais comme on ne peut pas travailler dans le plan physique si  on n’a pas de corps physique, pour pouvoir agir efficacement ici sur la terre et entretenir la vie, ces esprits doivent se conformer aux lois de la matière : ils s’incarnent. Alors, si vous êtes plus attentif, si vous comprenez la richesse et la valeur de la nourriture, vous pourrez recevoir et déchiffrer les messages qu’elle transport : elle vous dira comment toutes les particules qui la composent ont traversé l’univers, quels êtres ont travaillé à la faire croître, quelles entités se sont occupées constamment, jour et nuit, à lui infuser telle ou telle propriété pour être utile aux enfants de Dieu. Elle a même enregistré les empreintes laissées par tous ceux qui ont travaillé dans les champs ou se sont promenés auprès d’elle. Oui, le savoir que nous recevons ainsi en mangeant est uns avoir vivant, car il imprègne toute la substance de notre être.

Enfin, au-delà des corps éthérique, astral et mental, l’être humain possède d’autres corps encore plus subtils : les corps causal, bouddhique et atmique, sièges du mental supérieur, de l’âme et de l’esprit, qui doivent aussi être nourris. Vous les nourrirez en vous laissant pénétrer d’un sentiment de reconnaissance envers le Créateur. Ce sentiment de reconnaissance vous ouvrira les portes célestes par lesquelles vous recevrez les plus grandes bénédictions, car la reconnaissance est capable de transformer la matière grossière en particules de lumière qui seront distribuées partout en vous, dans le cerveau, le plexus solaire et tous les organes. Vous commencerez à vous rendre compte que vous avez d’autres besoins, d’autres joies, d’une nature supérieure, et de plus grandes possibilités d’agir se présenteront aussi à vous. Oui, car la gratitude est la conscience de ce que nous devons au Créateur. Et c’est cette conscience, concentrée sur la nourriture, qui est capable de l’ouvrir pour en libérer l’énergie emprisonnée. En réalité, il s’agit là d’un processus identique à celui que l’on observe dans une centrale nucléaire ; si on savait vraiment manger, quelques bouchées à peine pourraient suffire ; on retirerait assez d’énergies pour remuer l’univers entier.


L’être humain doit comprendre  qu’il a reçu cette mission grandiose de transformer et de sublimer la matière de la création : tout ce qu’il mange, tout ce qu’il touche, il lui est donné de l’améliorer, de l’embellir. Voilà notre tâche à tous ; faire passer la matière à travers nous afin de lui imprimer une marque divine. La nutrition est un processus de la plus haute alchimie. Tant que nous ne comprenons pas cela, nous passons à côté de quelque chose d’essentiel. Nous avons pour tâche de mettre le sceau de l’esprit sur la matière, de tout spiritualiser, de tout diviniser, et si nous y parvenons, nous sommes reconnus, appréciés, choisis par les esprits lumineux qui s’arrêtent auprès de nous parce que nous remplissons notre tâche de fils de Dieu.