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mercredi 14 août 2013

l’homme est aussi un animal



Puisque l’être humain porte en lui tous les règnes de la nature, il ne faut pas s’étonner qu’il abrite aussi les animaux. Oui, notre vie instinctive et passionnelle représente une foule d’animaux. Beaucoup de nos états intérieurs peuvent être comparés à des tigres, des sangliers, des crocodiles, des serpents, des scorpions, des pieuvres, tandis que d’autres ressemblent à des oiseaux plein de douceur, de gentillesse. Et si vous croyez que les animaux préhistoriques comme les mammouths, les dinosaures, les ptérodactyles ont disparu, vous vous trompez ; ils sont encore en nous, sous une autre forme, dans nos corps astral et mental intérieurs. Il faut comprendre que ce n’est ni la forme ni les dimensions physiques de l’animal qui comptent ici, mais sa nature, la quintessence des ses manifestations. Pour le moment, je ne vous en dis pas plus….

L’essentiel, c’est de savoir que nous sommes habités par les différentes espèces du règne animal et d’apprendre la meilleure façon de nous conduire avec elles. En tant qu’êtres humains nous avons un rôle immense à jouer dans la création. Nous avons pour mission de tout apprivoiser, harmoniser et réconcilier en nous. ainsi les animaux sauvages qui nous habitent deviendront des animaux domestiques qui accepteront de travailler pour nous .

Ce qui est un peu humain, ce sont les vêtements, les décorations, les maisons, quelques livres, quelques œuvres d’art… Oui, cela témoigne un peu d’une culture, mais leur vie intérieure n’est pas fameuse ; un grouillement de toutes sortes de bêtes féroces ; oui, les mêmes instincts, les même appétits, les mêmes impulsions aveugles. Il ne faut pas croire que l’être humain se soit débarrassé des animaux. Comme il ne les voit pas, il ne pense pas  qu’ils puissent exister en lui. Et pourtant ils existent ; dans ses pensées et ses sentiments, ils existent ; la brutalité, la voracité, la cruauté, la ruse, ce sont des animaux ! Maintenant notre travail est de les dompter, de les assagir, jusqu’à les amener à servir notre Moi divin. Celui qui sait domestiquer les animaux féroces qui vivent en lui, peut compter su r le travail qu’ils fourniront, et grâce à eux il vivra dans l’abondance.

En Inde, on raconte que certains ascètes ou yogis qui se sont retirés dans les forêts ne sont pas inquiétés par les fauves, ceux-ci se promènent autour d’eux sans leur faire de mal. Et au temps des persécutions contre les chrétiens, il ya eu aussi des cas où les fauves dans les arènes épargnaient certaines victimes ; oui les animaux peuvent être sensible s la pureté, la lumière, l’amour et la force intérieure qui émanent des êtres. Mais moi je parle plutôt des animaux intérieurs parce que, pur les autres, ce n’est pas tellement nécessaire ; vous n’aurez pas tous les jours l’occasion d’aller vous promener dans des forêts où l’on rencontre des fauves, et on ne vous livrera pas aux lions dans des arènes, tandis que tous les jours vous rencontrez vos animaux intérieurs. Et pour les apprivoiser vous devez augmenter la lumière, la pureté et l’amour en vous, c’est à dire vous approcher de plus en plus de la Divinité. A ce moment-là, ces animaux commencent à sentir que vous devenez un vrai maître pour eux, et ils sont obligés d’obéir, sinon ils continuent à vous dévorer de l’intérieur.

Dans la nature, les êtres servent de nourriture les uns aux autres, c’est une loi. D’ailleurs, même du point de vue psychologique les gens le savent bien. Combien de fois on les entend dire : « C’est lui ou moi. Si ce n’est pas moi qui le mange, c’est lui qui me mangera. » Mais il ne suffit pas de connaître cette loi, il faut maintenant l’appliquer dans la vie spirituelle. Et la lutte du bien et du mal n’est aussi qu’une affaire de nutrition. Le bien mange le mal et le mal mange le bien. Si vous êtes faibles, le mal vous mange, mais si vous êtes armé et savez vous défendre, c’est vous qui vous emparez de lui et le mangez, c'est-à-dire que vous profitez de ses énergies ; la psychologie initiatique est fondée sur la compréhension de cette vérité ; rappelez-vous qu’il est écrit dans le Talmud qu’à la fin des temps, les Justes mangeront la chair de Léviathan, ce monstre marin qui représente le Diable. Le Léviathan sera dépecé,   salé, préparé par le Seigneur  et donné à manger aux Justes. Quel festin nous attend, vous vous imaginez ! Si on doit comprendre littéralement, je crois que beaucoup de gens un peu esthètes seront vraiment dégoûtés. Il faut donc interpréter, et voici l’interprétation :

Puisque le Léviathan qui est un animal monstrueux doit faire le régal des Justes, cela signifie que, si on sait immoler les animaux en soi, ils deviennent une source de richesses et de bénédictions. Méditez sur cette loi universelle qui régit les rapports des créatures. Chacune s’efforce d’en absorber une autre pour se nourrir ; les plantes vivent sur le sol et se nourrissent des minéraux, les animaux mangent les plantes, et les hommes à leur tour mangent les animaux, ou du moins – ce qui est préférable- leurs produits seulement. Et alors maintenant, qui mange l’homme ??

L’homme nourrit les créatures du monde invisible, et tout dépend de la nourriture qu’il est capable de préparer. S’il entretien des miasmes en lui, ce sont les indésirables, attirés par ces impuretés, qui viennent le dévorer. Mais si par la pureté, par la lumière de ses pensées et de ses sentiments, il est capable, à la façon des abeilles, de préparer du miel, il attire les entités célestes. Etre mangé par les entités célestes est pour la créature humaine un bonheur, une joie, une félicité indescriptibles, car non seulement elle reste intacte, mais elle s’enrichit d’avoir été ainsi mangée. C’est pourquoi il est dit dans toutes les religions que l’homme doit s’offrir à Dieu en holocauste. C’est une image pour montrer que l’idéal spirituel de l’homme est d’être absorbé par le Seigneur, ou plus exactement par celui qui est le représentant de Dieu en l’homme ; son Moi supérieur.

Tous ceux qui ne veulent pas sacrifier leurs animaux intérieurs finissent par s’identifier à eux. Le véritable spiritualiste est celui qui a compris qu’il n’existe rien de plus désirable que d’être mangé, absorbé par le Seigneur, c’est pourquoi il se présente devant Lui en sacrifice. Mais combien ont réellement compris ce qu’est le sacrifice ?

Ce mot fait peur aux humains parce qu’ils l’associent à l’idée de souffrance et de mort. Non, et quand Jésus disait : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera », il n’envisageait évidemment pas la mort physique, il parlait de mourir dans le plan inférieur des vices et des passions, pour commencer à vivre dans le plan divin. En sacrifiant les animaux en lui pour s’offrir aux entités célestes, l’homme ne meurt pas mais ressuscite. Car en étant mangée – spirituellement parlant – sa matière est transformée, divinisée. On peut donc dire que le sacrifice est la transformation d’une matière en une autre, d’une énergie en une autre.

Pour conserver en nous le feu divin, nous devons lui jeter chaque jour des morceaux de notre nature inférieure, la personnalité, car c’est elle qui représente en nous les animaux féroces, le bois mort…. La personnalité est justement prédestinée à alimenter l’esprit ; jusqu’à maintenant, vous n’avez pas bien compris à quoi sert la personnalité et, puisqu’elle vous joue de si mauvais tours, vous vous demandez comment vous débarrasser d’elle. Il ne faut pas s’en débarrasser parce que, sans elle, je vous l’ai dit, vous ne pourriez pas subsister sur la terre. Tandis qu’avec elle vous avez beaucoup combustible pour alimenter l’esprit, le seul moyen d’obtenir des résultats dans le plan spirituel est de sacrifier chaque jour quelque chose de votre personnalité.

Alors, essayez de vous débarrasser de cette pensée que le sacrifice est une souffrance et une privation, sinon vous n’aurez jamais aucune envie de sacrifier quoi que ce soit, c’est à dire de transformer tous les éléments obscures, usés, impurs, en lumière t en chaleur, en amour et en sagesse. Les Initiés l’ont compris, c’est pourquoi ils s’offrent chaque jour au feu divin pour être consumés, consommés.

On a écrit beaucoup de livres compliqués sur les expériences des mystiques. En réalité, c’est très simple. L’expérience des mystiques, c’est l’expérience du feu, du feu sacré que l’homme alimente chaque jour en lui jetant en pâture des morceaux de sa nature inférieure. Regardez un feu brûler ; tous ces morceaux de bois qui étaient jusque-là séparés, dispersés, le feu les réunit dans une même lumière, une même chaleur, et ils sont obligés de penser et de sentir comme lui, le feu. Alors, apportez vos branches mortes, vos branches noires et tordues, et jetez-les dans le brasier du feu divin, car c’est dans cet embrasement que vous trouverez le secret de la vraie vie.