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mercredi 14 août 2013

Si le bonheur était synonyme de plaisir ça se saurait

  

Quand on voit l’énergie que déploient les humains pour s’adonner aux activités qui leur procurent du plaisir, il est évident que si le bonheur était synonyme de plaisir, ils nageraient tous dans la félicité. Or, c’est souvent le contraire qui se produit, et là où ils trouvent leur plaisir, ils trouvent aussi leur malheur.

Ils choisissent de préférence ce qui est facile, agréable, sympathique, sans voir combien cela peut être préjudiciable pour leur évolution. Ils n’ont pas la sagesse de choisir consciemment certaines difficultés en sachant que derrière les apparences plaisantes sont souvent cachés les pièges, les désillusions, les amertumes.

Le plaisir est une sensation momentanément agréable qui nous pousse à croire qu’en la prolongeant le plus longtemps possible nous serons heureux ; eh bien, non. Pourquoi ? Parce que les activités qui procurent rapidement et facilement ces sensations agréables ne se situent pas, la plupart du temps, sur un plan très élevé ; elles ne touchent que le corps physique, le cœur, l’intellect, et ces satisfactions sont limitées et éphémères. Celui qui croit trouver le bonheur dans le plaisir peut être comparé à l’alcoolique ; il se verse à boire… ah, qu’il se sent bien ! Il oublie tous ses soucis et il tire la conclusion qu’il est magnifique de boire. Oui, si l’on doit se prononcer sur quelques minutes, quelques heures, ça peut paraître magnifique. Mais des années après, que va-t-il se produire ? La perte des facultés, l’impossibilité de mener une vie familiale et sociale équilibrée, les accidents, la déchéance, le crime peut-être ... Eh bien, dans de nombreuses circonstances, les gens se conduisent comme des alcooliques ; ils croient que tout ce qui leur paraît agréable dans l’instant le restera pour l’éternité. Eh non, malheureusement, non.

En cherchant le plaisir, l’homme pense surtout à lui-même, car son plaisir, c’est lui. Il ne cherche pas le plaisir des autres, mais uniquement le sien. Ainsi, il se limite et il s’avilit car, pour obtenir ce plaisir et le défendre, il est souvent obligé d’employer des méthodes condamnables, et s’il est, à un moment ou à un autre, privé de ce plaisir, il se montre agressif, injuste, cruel, vindicatif, c'est-à-dire qu’il manifeste toutes les tendances de sa nature inférieur. Le plaisir n’est jamais n guide sûr, car ce qui commence agréablement a souvent une suite désagréable. Il est agréable de faire un grand festin dans le meilleur restaurant, mais quand on doit payer, c’est un peu désagréable.

Remplacer le plaisir par le travail, c’est remplacer une activité ordinaire, égoïste, nuisible, par une activité plus noble, plus généreuse, qui élargit votre conscience et déclenche en vous des possibilités nouvelles ; il n’est pas question de vous priver de plaisir, mais simplement de ne pas mettre le plaisir à la première place comme but de l’existence, car il vous affait, il vous appauvrit. Imaginez un homme qui, parce qu’il aurait froid, utiliserait pour se chauffe es meubles de sa maison ; les chaises, les tables, les lits, les armoires, les portes, les fenêtres.. Au bout de quelque temps, il ne restera plus rien. Eh bien, il en est de même avec celui qui se laisse guider par le plaisir ; tout ce qu’il est en train de vivre comme émotions, comme sensations, brûle peu à peu ses réserves. Et qu’est-ce qui  l’attend ? L’appauvrissement, l’obscurcissement de la conscience.

De la même façon que l’homme produit la lumière dans le plan physique, il peut la produire aussi dans le plan psychique. Si nous étudions ce processus dans le domaine  de l’amour, nous ferons des découvertes très intéressantes. Que font les humains dans l’amour physique ? Symboliquement, on peut dire que, comme les deux morceaux de bois, ils se frottent l’un contre l’autre pour produire de la chaleur, c'est-à-dire une sensation de plaisir. Bon, mais pourquoi en restent-ils là ? Pourquoi ne vont-ils pas jusqu’à l lumière ? Pourquoi ne deviennent-ils pas plus éclairés, plus lucides ? Pourquoi leur amour  ne leur donne-t-il pas une meilleure compréhension des choses ? Pourquoi ne leur révèle-t-il pas toutes les splendeurs de l’univers ?...

Mouvement et chaleur, voilà pour le moment ce que les humains comprennent de l’amour, c’est tout ; ils s’arrêtent à moitié chemin, ils ne vont pas jusqu’à la lumière. Pour produire de la lumière, il ne faut pas chercher seulement le plaisir, parce que le plaisir absorbe doutes les énergies et empêche la lumière de jaillir. Donc, c’est simple, c’est clair : il ne faut pas s’arrêter en chemin, il faut aller jusqu’à la lumière. Evidemment, il  ya en chemin beaucoup de choses séduisantes à voir et à goûter, oui, mais si on s’y arrête, on n’atteint pas le but qui soit être l’aboutissement de toute activité ; la lumière.

En réalité, l’amour, le véritable amour, quand vous l’avez trouvé, rien ni personne ne peut vous le faire perdre, vous le possédez pour toujours. Mais justement, à condition de remplacer le plaisir par le travail. Le travail, c’est quand l’homme décide de ne plus gaspiller ses énergies à la recherche du plaisir, mais de les utiliser pour faire fonctionner d’autres centres, en haut, dans son cerveau… Au lieu de laisser se déchaîner en lui tous les tourbillons et les éruptions volcaniques, il est attentif, il garde sa lucidité, sa maîtrise, afin de canaliser ces courants, de les diriger et c’st ainsi qu’il éveille dans son cerveau de nouvelles facultés que feront de lui un génie, un Initié, une divinité. Voilà comment il transforme la chaleur en lumière ; en replaçant le plaisir par le travail. Et c’est à ce moment-là que le véritable plaisir commence à l’envahir ; un plaisir qui ne l’avilit pas, cette fois, mais l’élève et l’ennoblit.

Les hommes et les femmes d’aujourd’hui pensent qu’ils ont remporté une grande victoire en obtenant la liberté sexuelle, oui, c’est vrai, c’est une grande victoire contre l’hypocrisie et l’étroitesse d’esprit qui ont régné pendant des générations. Mais le problème de la sexualité est-il résolu pour autant ? Après le refoulement, le défoulement ... En se précipitant pour expérimenter un domaine aussi essentiel et complexe que la sexualité, ils s’exposent à tous les dérèglements physiques et psychiques. Car pour résoudre le problème, il ne suffit pas de conseiller l’usage des préservatifs, des contraceptifs ou de permettre l’avortement ; et les interdire ne sert à rien non plus.

« Alors, direz-vous, que faire ? » Expliquer, éclairer la question. Il faut expliquer aux humains ce qu’est la force sexuelle, en quoi elle est liée à l’amour. La force sexuelle est une puissance millénaire contre laquelle il est impossible de lutter, mais ce n’est pas une raison pour se laisser complètement entraîner par elle. Il existe des méthodes pour la canaliser, l’orienter, afin qu’elle contribue au développement psychique, moral et spirituel de l’individu. Mais il existe très peu d’hommes et de femmes qui sont capables de comprendre pourquoi il est souhaitable d’apprendre la maîtrise. Tous s’imaginent que les relations sexuelles doivent automatiquement les épanouir, les enrichir ; mais ils ne savent pas comment se présente réellement cette question.

Les effervescences sexuelles entrainent non seulement une perte d’énergie physique, mais aussi la perte des énergies psychiques les plus subtiles, les plus précieuses. Et une fois ces énergies gaspillées, on est privé de tout ce qui pouvait donner l’inspiration, l’élan vers le monde de la beauté, de la lumière. Je comprends qu’il est difficile d’entendre ici parler de maîtrise quand tellement d’autres personnes autour de vous revendiquent la liberté sexuelle et justifient ces revendications par des arguments apparemment très valables. Que vous n’ayez pas envie d’être privés de plaisirs sexuels, c’est entendu, mais il y a plaisirs et plaisirs, et essayez au moins de voir quels avantages vous avez à renoncer à certains de ces plaisirs. Renoncer à certains plaisirs sensuels n’a de signification que si c’est pour les remplacer par des acquisitions et des joies spirituelles.

Dans la vie spirituelle, le renoncement ne s’accompagne pas d’une perte ; renoncer, c’est remplacer, c'est-à-dire transposer les plaisirs sur un plan supérieur. Il s’agit de la même activité, mais avec des éléments plus purs, plus subtils, et surtout un but plus désintéressé. Quand on décide de diminuer les manifestations physiques de l’amour, c’est pour le vivre mieux dans ses manifestations spirituelles ; sinon, c’est stupide, insensé. Et on l’a vu, tous ceux qui ont voulu renoncer à l’amour physique sans chercher l’amour dans le plan spirituel se sont exposés à de grands dangers, car ce n’est plus de la sublimation, mais du refoulement.

Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir maîtriser la force sexuelle. C’est pourquoi, avant de se lancer dans une pareille aventure, il faut bien réfléchir et surtout bien se connaître : si vous sentez que vous avez encore besoin de plaisirs physiques, il est préférable pour vous de ne pas vous en abstenir brusquement, sinon ce sera pire. Mais si vous sentez profondément le besoin de vivre quelque chose de plus subtil, de plus spirituel, de comprendre la splendeur du monde divin et d’aider les humains par votre amour, vous pouvez choisir ce chemin. Le Ciel ne demande pas à tous d’être capables de sublimer la force sexuelle, mais il demande à chacun de faire au moins quelques efforts dans ce sens, de ne pas s’arrêter en chemin. a quelque niveau que l’on se trouve, on ne doit jamais abandonner le désir de monter, de traverser les nuages jusqu’à contempler le soleil, la lumière.


Vous avez tout de même intérêt à prendre le travail comme but de votre vie, à faire en sorte que chaque moment de la journée soit une nouvelle occasion de progresser dans la vie de la maîtrise, de l’harmonie, de la lumière. Et vous verrez, c’est dans ce travail-là que vous goûterez un jour le nectar et l’ambroisie, la nourriture des dieux.