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samedi 7 septembre 2013

Se connaître, c’est se voir de l’intérieur



« Connais-toi toi-même… » Cette formule qui était inscrite au fronton du temps de Delphes, combien d’interprétations en ont été données ! Pour certains, elle signifie que l’homme doit connaître ses propres limites et avoir la sagesse de ne pas se mesurer aux dieux. Pour d’autres, c’est connaître son caractère avec ses qualités, ses faiblesses… Cette connaissance, bien sûr, est nécessaire, mais elle est insuffisante ; ce n’est pas véritablement cela, se connaître. Croyez-vous que si cette formule n’avait pas un sens plus large et plus profond, les Grecs l’auraient inscrite au fronton d’un de leurs sanctuaires les plus sacrés ?

Chacun ne connaît de lui-même que quelques aspirations, quelques tendances, bonnes ou mauvaises, et il dit ; « Oh, je me connais… » Eh non, il ne se connaît pas, il ne sait ni qui il est, ni ce dont il a besoin pour réaliser sa véritable nature. Et la preuve qu’il ne sait pas qui est ce « toi-même », c’est qu’il le confond le plus souvent avec le corps physique : il suffit de voir ce qui préoccupe les humains et à quoi ils consacrent la plus grande partie de leur temps et de leurs énergies : la nourriture, les vêtements, le confort, les voitures et les plaisirs de toutes sortes. C’est la preuve qu’ils ne se connaissent pas.

Se connaître, c’est arracher sa conscience au cercle limité de sa nature inférieure, afin de se fondre dans la conscience illimitée de l’Etre cosmique qui vit au-dedans de lui, qui travaille en lui. Jusqu’au jour où il peut enfin dire : « Moi, c’est Lui ». C'est-à-dire ; Lui seul existe, et moi je n’existe que pour autant que je suis parvenu à m’identifier à Lui, à me fondre en Lui. En disant « Connais-toi toi-même », les Initiés voulaient dire que l’homme doit se fusionner avec l’autre partie de lui-même, ce Soi supérieur qui est en haut, dans la région de l’esprit. A ce moment-là il entre dans un espace où il n’y a plus de limite, où il n’y a plus de séparation entre le haut et le bas, et toutes les puissances, les richesses que le vrai Moi possède, s’infusent dans le petit moi. Le petit et le grand ne font plus qu’un en lui, et il a réalisé le symbole du cercle, le serpent qui se mord la queue ; la queue (la nature inférieure) a rejoint la tête (la nature supérieure). Le sens de l’initiation est d’apprendre à réunir la tête et la queue du serpent. Tans que l’homme ne s’est pas retrouvé, toutes ses forces se dispersent et la dispersion est une perte. Mais dès que les deux pôles sont unis, des puissances formidables s’accumulent dans le cercle, en son centre, rassemblées, condensées et conservées pour le travail. Oui, la tête et la queue… La véritable connaissance est le résultat de la jonction de la tête et de la queue.

Parce qu’ils pensent pouvoir arriver à se connaître à travers d’autres qu’eux-mêmes, les humains ne cessent de se chercher ; l’homme cherche toujours une femme et la femme un homme pour se fusionner. Bien sûr, chacun arrivera ainsi à connaître quelque chose de lui-même, mais très peu seulement, parce qu’à l’extérieur on ne se trouve pas et les forces sont éparpillées, perdues. Dans cette rencontre avec l’autre, on peut apprendre certaines choses et ressentir quelques joies, mais ces joies sont passagères ; très vite on s’éloigne, on se sépare, et on se sépare même tellement qu’on finit par s’affronter. On veut s’unir, mais rien à faire ! C’est toujours deux personnes séparées, deux personnes différentes qui vont faire ensemble beaucoup d’expériences ; des expériences intéressantes, bien sûr, mais aussi décevantes, douloureuses ; l’existence en donne chaque jour des exemples. Chacun n’arrivera à se trouver véritablement que lorsqu’il cessera de se chercher au dehors à travers un autre être, pour se chercher au-dedans et réaliser le symbole du serpent qui se mord la queue ; il se produira alors une concentration de forces, la clarté se fera et il vivra la vie éternelle.


Se connaître, c’est faire se rencontrer en soi les deux extrémités du serpent, car ces deux extrémités sont polarisées. Si vous êtes un homme, vous représentez l’esprit, et l’autre extrémité de vous-même est le principe féminin, la matière. Inversement, si vous êtes une femme, vous représentez la matière et l’autre extrémité est le principe masculin, l’esprit. C’est pourquoi la jonction des deux principes en vous produit la plénitude. Si vous allez chercher à l’extérieur, vous n’êtes jamais sur de rencontrer l’entité qui vous est véritablement complémentaire. Si vous êtes un homme, c’est une femme qui vous paraît être l’autre pole, et si vous êtes une femme, c’est un homme. Mais cette complémentarité n’est pas parfait, c’est pourquoi tant de rencontres finissent souvent en affrontements. Des rencontres idéales ont lieu parfois, mais elles sont extrêmement rares. Tandis que l’autre partie, à l’intérieur de vous, vous est absolument complémentaire, et la fusion que vous réalisez avec elle est la seule véritable. Ce n’est qu’en vous-même que vous pouvez réaliser idéalement la fusion du masculin et du féminin, de l’esprit et de la matière, c’est à dire aussi du haut et du bas.