Merci de votre visite

samedi 2 novembre 2013

Ce présent est la conséquence de votre passé



Pour porter des jugements et tirer des conclusions, l’intellect se base sur l’apparence des êtres et des choses et sur la vision partielle qu’il en a ; il ne peut donc pas en obtenir une vision synthétique, pas plus qu’une connaissance de l’intérieur. C’est pourquoi il ne permet pas à l’homme de se prononcer correctement sur la réalité. Bien sûr, en accumulant une multitude de données on peut finir par avoir approximativement un aperçu de la totalité, mais combien de temps cela prendra-t-il ? D’ici là, on ne manquera aucune occasion de commettre des erreurs ; et surtout il y a des éléments subtils, impalpables, que l’intellect ne pourra jamais saisir.

Quand vous rencontrez quelqu’un, vous ne pouvez pas le connaître d’un seul coup ; il faut le fréquenter longtemps pour avoir une idée de son caractère, de ses facultés, de ses qualités, de ses faiblesses. Seule l’intuition permet de le découvrir instantanément dans sa totalité, car l’intuition n’a pas besoin d’étudier et d’observer pour juger ; elle pénètre immédiatement au cœur des êtres et des choses, et elle se prononce impeccablement. Pourquoi ? Parce que l’intuition, qui est une faculté du plan causal (plan mental supérieur), possède l’extraordinaire pouvoir de réaliser des synthèses, alors que l’intellect, faculté du plan mental inférieur, n’est capable que de faire des analyses.

Pour avoir une idée exacte d’un édifice, on doit non seulement en faire le tour, mais aussi en avoir un aperçu de l’intérieur. Or, que fait l’intellect ? Il reste fixé sur les quelques éléments extérieurs, matériels qu’il a sous les yeux en répétant ; « c’est moi qui ai raison, c’st moi qui suis dans le vrai ». Non, l’intellect est lin de la vérité, parce que dans l’espace comme dans le temps il se limite à quelques aspects de la réalité. Il découvrir la vérité, il ne faut jamais étudier les êtres et les choses en les isolant de l’étendue et de la durée. Si on raisonne sur une courte période de temps, une vie humaine par exemple, on ne comprendra pas grand-chose aux événements qui s’y produisent, car cette vie n’est qu’un maillon d’une longue chaîne. Pour comprendre ce qu’un être vit au cours d’une de ses incarnations, il ne faut pas considérer cette incarnation isolément, mais dans la continuité, en la reliant à toutes les incarnations passées depuis des siècles et des millénaires, et en même temps a savoir que cette existence se poursuivra dans le futur. On se trompe toujours sur la signification à donner au présent si on ne le replace pas dans cette continuité qui v a du passé au futur, car rien ne se produit par hasard et sans cause.

Chaque événement étant la conséquence d’un événement antérieur, vous ne saurez pas interpréter correctement le présent si vous ne jetez pas un regard sur le passé. Et ce n’est pas tout ; ce présent qui est la conséquence du passé, il est possible de travailler sur lui pour que l’avenir soit meilleur, plus beau, plus lumineux. Donc, pour bien comprendre le présent d’un homme, non seulement il faut le considérer comme la conséquence d’un passé lointain, mais aussi comme le point de départ pour une nouvelle existence. Celui qui étudie une vie humaine sans tenir compte du fait qu’elle est reliées à des vies passées et à des vies futures ne peut pas en avoir une appréciation exacte. Et cette règle n’est pas seulement valable pour le temps, elle est aussi valable pour l’espace. Depuis l’endroit où vous vous trouvez sur la terre, vous ne pouvez voir qu’un tout petit espace avec quelques maisons, quelques arbres, et peut-être quelques sommets au loin. Mais prenez l’avion : de là-haut vous apercevez des villes entières, des fleuves, des chaînes de montagnes… plus vous vous élevez, plus s’élargit l’espace que vous pouvez embrasser du regard. Le même phénomène se produit dans la vie intérieure ; alors quelle vision des choses allez-vous choisir ?

Tous ceux qui étudient les objets ou les créatures sans les replacer dans l’ensemble de la vie, ne peuvent pas trouver la vérité. Voilà un sujet de réflexion pour les scientifiques et les chercheurs, quel que soit leur domaine, car tous ont trop tendance à se spécialiser. Evidemment, ce qui est bon chez les spécialiste, c’est qu’ils sont très compétents dans leur domaine ; mais ils connaissent rarement le domaine du spécialiste voisin. C’est surtout frappant en médecine où il y a de plus en plus de spécialistes et de moins en moins de généralistes. Vous direz que ces spécialisations correspondent à celles que l’on trouve dans l’organisme, où chaque organe (foie, rate cœur, poumons, reins etc…) a une fonction déterminée. Bien sûr, mais ces spécialistes-là, que sont les organes ont tous des liens les uns avec les autres, ils communiquent entre eux, ils forment une vraie fraternité en travaillant pour cette unité qu’est l’homme.

On ne peut nier que la spécialisation soir à l’origine de progrès fantastiques. Pour approfondir leurs connaissances dans un domaine, les scientifiques doivent limiter leur champ d’investigation. Oui, mais ensuite il est important qu’ils sachent voir les liens qui unissent le sujet qu’ils étudient avec la totalité des existences. Or, que font-ils ? Ils détachent une petite écorce de l’arbre cosmique, et quand ils l’ont bien pesée, bien épluchée, ils écrivent des livres ou rassemblent quelques centaines de personnes, leurs collègues, leurs étudiants pour leur présenter les résultats de leurs recherches. Et c’est cela qu’ils appellent « science ». Mais une fois que ce morceau est occupé, d’une certaine façon il est mort ! Puisqu’il est retranché de la vie universelle, il est mort. Il n’est peut-être pas mort physiquement, mais il est mort du point de vue de la vie cosmique.

C’est pourquoi, un jour, les scientifiques seront obligés d’admettre que, par leur manière de procéder, ils ont énormément contribué à la mauvais e compréhension de cet ensemble qu’est la vie, et ils seront penauds. Bien sûr, quand ils énumèrent les particularités d’un minéral, d’une plante ou d’un animal, il n’y arien à leur reprocher ; mais si ce qu’ils disent est exact, cela ne représente qu’un fragment de la réalité. Pour avoir une vision complète, il faut qu’ils relient l’objet de leur étude à la vie cosmique qui jaillit, qui vivre, qui rayonne. Détachés de cette vie, la plante, la pierre, l’animal, l’homme ont perdu l’essentiel. C’est pourquoi tant que les spécialistes des différentes disciplines continueront dans cette voie, ce qu’ils appelle vérité scientifique sera une vérité incomplète, mutilée. Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas de critiquer ou de nier les découvertes scientifiques ; le problème est ailleurs, dans la tête des chercheurs, dans leur attitude envers la vie, dans leur incapacité à relier les objets et leur étude à l’ensemble de la vie ; ils mettent trop l’accent sur l’analyse et négligent l synthèse. Or, qu’est ce que l’analyse ? Une descente dans la matière. Et la synthèse ? Une montée vers l’esprit ; plus on s’élève, plus on perd le détail des êtres et des choses, mais on découvre les relations qui existent entre eux et on marche ainsi vers le savoir véritable. Le savoir, c’est de regarder du point le plus élevé afin d’avoir une vision de la totalité.

Pour pouvoir analyser les choses, il faut s’approcher d’elles et les séparer, mais peu à peu, cette séparation des éléments finit par produire la mort. La mort n’est rien d’autre que l’analyse parfaite. Oui, et on peut donc dire que l’analyse conduit à la mort, alors que la synthèse tend vers la vie. Une preuve : pour former son enfant, que fait la mère ? Elle rassemble des milliards d’éléments. L’enfant, c’est cette synthèse vivante qui respire, qui bouge,  qui mange, qui parle. Des années plus tard, quand l’heure de l’analyse a sonné, chaque particule du corps s’en va rejoindre la région d’où elle est venue ; la terre, l’eau, l’air ou le feu… exactement comme les lettres retournent dans les casiers du typographe. Celui qui a choisi l’analyse comme méthode exclusive de connaissance marche vers la mort, la mort spirituelle ; or, que fait la science ? Elle travaille de plus en plus dans le sens de l’analyse ; elle découvre des particules toujours plus minuscules de la matière ; elle décompose, disloque, désintègre… mais le plus grave, c’est que ces méthodes d’investigation qu’ils emploient pour étudier la matière, les chercheurs ont fini par les appliquer à l’être humain. Lui aussi, ils essaient de le  connaître en le déchirant, en le coupant en morceaux. Et cette tendance à la dissection s’est maintenant tellement affirmée, renforcée et soulignée partout dans les sciences quelle a fini par influencer aussi la vie sociale, morale, spirituelle ; tous sont pour l’analyse ; diviser, séparer, disloquer, déchirer. Même dans les familles, chacun est devenu tellement analyste qu’on ne se supporte plus ; pour un rien, on se sépare.

L’analyse et la synthèse … si vous vous observez, vous constaterez l’importance que prennent ces deux opérations mentales dans vos réactions vis-à-vis des êtres humains. Vous rencontrez un inconnu, vous commencez par l’analyser ; son nez, sa bouche, ses gestes… ses qualités, ses défauts, sa profession, combien d’argent il gagne ... Maintenant vous rencontrez un ami : vous ne vous préoccupez pas de ces détails, vous l’acceptez tel qu’il est, vous vibrez à l’unisson avec son être entier. Mais s’il vous arrive à un moment d’être irrité contre, immédiatement, voilà l’analyse, et vous le coupez en morceaux. Puis, de nouveau, quand vous retrouvez votre affection pour lui, vous lui pardonnez, parce que vous voyez l’ensemble et que vous oubliez les détails, c'est-à-dire les gestes, les paroles qui vous ont irrité. La synthèse ne s’arrête pas sur les petites choses, au contraire de l’analyse qui, non seulement s’arrête dessus, mais les grossit tellement que pour une puce, on brûle toute la couverture. Pour la plus petite erreur, celui qui analyse est capable de massacrer quelqu’un. En réalité cet être, comme lui, est un fils de dieu, mais ce n’est pas cela qu’il voit, il voit la faute et la vision de cette faute obscurcit tout le ciel.


L’hostilité, les parties pris, la guerre… voilà les résultats de  l’analyse. Et si on considère les etats, très souvent le patriotisme, le nationalisme, par exemple, ne sont que des manifestations de cette philosophie de la séparativité universelle. Je n’en nommerai aucun, parce qu’il n’est pas dans ma mission de m’occuper de politique ; je ne fais qu’observer les événements et je les explique à la lumière de la science initiatique. Dans le monde entier, et même dans les pays occidentaux, apparaissent toutes sortes de mouvements  qui prêchent la séparation, le rejet. De plus en plus les gens deviennent analystes, et si ça continue, vous verrez, d’ici quelque temps le monde entier sera tout à fait bien « analysé ». Alors là, en morceaux !... Je ne veux pas dire que les pays doivent cesser d’être libres ou autonomes, mais seulement qu’ils ont des efforts à faire pour se sentir membres d’un même organisme, d’un ensemble, d’une unité plus vaste, afin que la vie circule harmonieusement entre eux. Il faut maintenant se préoccuper de la synthèse, parce que la synthèse c’est la vie.