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samedi 16 novembre 2013

La force Kundalini



Le livre de l’Apocalypse, de Saint Jean, s’achève sur la vision d’une cité céleste, la Nouvelle Jérusalem, avec ses assises de pierres précieuses, ses murailles de jaspe et ses portes dont chacune est une perle. A travers cette ville cou le un fleuve : « Il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un Arbre de vie produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois et dont les feuilles servaient à la guérison des nations ». Comment se fait-il qu’un arbre ait ses racines sur les deux rives d’un fleuve ?

Pour interpréter cette vison de la Nouvelle Jérusalem, il faut comprendre que cette vile, en réalité, représente l’être humain. Le fleuve d’eau de la vie qui descend du trône de Dieu, c’est le courant d’énergies qui, depuis le cerveau, descend à travers la colonne vertébrale. L’Arbre de vie au centre de la ville est le plexus solaire ; et les racines de l’Arbre sont les douze paires de nerfs et de ganglions dorsaux situés de part et d’autre de la colonne vertébrale ; douze branches qui produisent douze fois des fruits. Ces fruits sont liés aux douze signes du zodiaque dont l’homme est le résumé. Ces fruits de l’Arbre de Vie que nous devons manger, représentent les qualités et les vertus des constellations zodiacales.

Ce sont dans l’ordre : le Bélier, l’activité ; le Taureau, la sensibilité et la bonté ; les Gémeaux, le goût de l’étude ; le Cancer, la perception du monde invisible ; le Lion, la noblesse et le courage ; la Vierge, la pureté ; la Balance, le sens de l’équilibre cosmique ; le Scorpion, la compréhension de la vie et de la mort ; le Sagittaire, le lien avec le Ciel ; le Capricorne, la domination de soi et des autres ; le Verseau, la fraternité et l’universalité ; les Poissons, le sacrifice. Voilà les qualités des fruits de l’Arbre de Vie.

Les racines enfoncées sur les deux bords du fleuve de vie dont parle saint Jean, représentent donc l’ensemble des nerfs et des ganglions situés de part et d’autre de la colonne vertébrale. La colonne vertébrale relie le ciel à la terre ; notre ciel, le cerveau, à notre terre, l’abdomen. Sous la terre brûle un feu qui provoque de temps à autre de violentes éruptions. Or, ce feu se trouve aussi en nous, à la base de la colonne vertébrale. Ce feu souterrain qui est celui du ventre et du sexe, correspond à ce que les yogis de l’Inde appellent la force Kundalini. Et si, pour le moment, la colonne vertébrale n’a chez la majorité des humains qu’une fonction anatomique et physiologique, il y a des Initiés qui, en éveillant la force Kundalini, ont réussi à animer leur colonne vertébrale pour un immense travail spirituel et magique.

La force Kundalini sommeille à la base de la moelle épinière. C’est elle la « force forte de toutes les forces » dont parle Hermès Trismégiste dans la Table d’Emeraude. Une fois éveillée, elle peut se diriger soit vers le haut, soit vers le bas. Si elle se dirige ver le haut, l’être bénéficie du plus grand développement spirituel. Si elle se dirige vers le bas, elle produit les pires dérèglements physiques et psychiques. Celui qui, sans être pur et maître de lui, réussit çà éveiller la force Kundalini, devient la proie de passions sexuelles effrénées et d’une volonté de puissance démoniaque qui le fait s’opposer au monde entier. C’est pourquoi il est conseillé aux disciples de ne pas tenter d’éveiller Kundalini avant d’avoir travaillé sur la pureté et l’humilité. Car cette force, la plus puissante de toutes, peut aussi bien détruire que créer. La science tantrique enseigne que Kundalini dort de sept sommeils et qu’il faut donc l’éveiller sept fois, car elle est enfouie sous sept enveloppes de matière de plus en plus subtiles.

Il est relativement facile d’éveille Kundalini de son premier sommeil. Mais la question n’est pas tellement de l’éveiller, mais de savoir comment et où l’orienter. La direction que prend Kundalini ne dépend pas de la volonté de l’homme, mais de ses qualités et vertus. Quand le serpent Kundalini s’éveille, il s’élance du côté où il trouve de quoi se nourrir. Si c’est le côté inférieur qui lui présente de la nourriture, quels que soient les efforts de l’homme, c’est là qu’il se dirige, et alors pour cet homme c’est l’enfer, le véritable enfer ; pour que le serpent se dirige vers le haut il faut que ce soit le côté supérieur qui l’attire ; la remontée de la force Kundalini se fait par le canal Soushoumna situé à l’intérieur de la moelle épinière. De part et d’autre du canal Soushoumna, les deux courants Ida (polarisé négativement et lié à la lune) et Pingala (polarisé positivement et lié au soleil) s’élèvent en un mouvement de spirales entrelacées. Ce processus est également représenté dans les traditions de la Grèce ancienne et du judaïsme par ces figures symboliques que sont le caducée d’Hermès et l’Arbre séphirotique. Et la science contemporaine en a même trouvé des applications techniques avec le laser.


Le courant Ida aboutis à la narine gauche et le courant Pingala à la narine droite. C’est pourquoi les exercices de respiration sont considérés comme la méthode la plus efficace pour provoquer l’éveil du serpent Kundalini. Lorsqu’en bouchant la narine droite, vous aspirez l’air par la narine gauche, vous produisez un courant qui passe dans le canal Ida. Ce courant traverse le centre où dort le serpent, le chakra Mouladhara, et produit de légères vibrations qui le secouent un peu de sa torpeur. En bouchant la narine gauche, vous aspirez l’air par la narine droit ; le courant passe dans le canal Pingala, et lui aussi donne quelques impulsions au serpent. Et ainsi de suite… donc en pratiquant chaque matin les exercices de respiration, vous mettez très doucement en éveil la force Kundalini, mais il ne faut pas prolonger ces exercices.