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vendredi 22 novembre 2013

Tendances à la transformation




Vous avez consacré au service du Ciel les forces brutes et bouillonnantes qui sont au-dedans de vous, et le Ciel les a prises pour les transformer. Toutes les tendances instinctives, mauvaises, peuvent être ainsi transformées, et je dis bien « transformées », pas anéanties, c’est impossible ; et d’ailleurs il faut savoir que si l’on parvenait à les anéantir, les résultats pourraient être encore pires. Combien de fois il est arrivé que des êtres chez qui on était arrivé à arracher certains vices deviennent la proie de vices encore plus grands.

Regardez comment dans le passé la religion considérait la force sexuelle. Et alors, combien de malheureux, hommes et femmes, ont essayé d’échapper à leurs tourments en allant se réfugier dans des couvents. Ils portaient des cilices, se donnaient la discipline, jeûnaient, veillaient, mais le résultat, c’est qu’il étaient encore plus tourmentés, encore plus obsédés.. Parce que ce n’est pas ainsi qu’on maîtrise la force sexuelle. On maîtrise la force sexuelle en aimant, pas en fuyant ou en luttant. Sur l’arbre de la sexualité il faut greffer la branche de l’amour le plus noble, le plus élevé, le plus pur. Alors, les sèves qui montent des racines circuleront à travers les branches et monteront jusqu’au cerveau où elles produiront la lumière, l’inspiration.

Et si vous êtes coléreux, que faire ? A cause de cette colère vous avez peut-être déjà détruit plusieurs amitiés et gâché de bonnes conditions pour votre avenir. Eh bien, cette force brutale qui éclate comme le tonner, vous pouvez la transformer en décidant que dorénavant vous ne gaspillerez plus vos énergies dans des explosions, mais que vous les emploierez à vous renforcer intérieurement pour mieux supporter les difficultés, à défendre des causes justes et nobles, et qu’au lieu de chercher à détruire  ce qui vous paraît mauvais, vous parviendrez à construire ce qui vous paraît bon et grand.

Et la vanité, qu’est-ce  que la vanité ?....  C’est le désir d’être remarqué, estimé, apprécié, recherché, invité… photographié ! Bien sûr, c’est là une tendance normale qui n’a rien de tellement répréhensible, tout le monde a besoin d’être apprécié, reconnu. Et on peut dire même que l’Intelligence cosmique a mis cette tendance en l’homme pour l’obliger à évoluer. Il est souvent arrivé que, dans le désir d’attirer l’approbation ou l’admiration des autres, beaucoup aient réussi à se dépasser. Des gens qui avaient peur, mais qui ne voulaient pas décevoir la confiance que leur famille avaient mise en eux, sont devenus de véritables héros.

Un artiste, aussi, ne cesse de se perfectionner dans son art pour que le public ne se fatigue jamais de lui et de ses œuvres, et c’est naturel. Mais combien de temps et d’argent, combien d ‘énergies sont perdus souvent à obtenir la reconnaissance d’autrui ! On s’épuise, car toutes les autres énergies, les énergies intellectuelles et morales, sont détournées, absorbées et utilisées par la vanité. Sans parler de l’hostilité que suscite cette attitude, car celui qui veut être remarqué se donne en spectacle et fait du bruit ; il tâche de mettre son nom partout, ce qui porte ombrage aux autres qui ont eux aussi leur ambition. Eux aussi veulent le succès et la gloire, et alors voilà des conflits sans fin. Mais est-ce bien raisonnable ? Est-ce que ça vaut la peine de se donner tant de mal pour être glorieux devant les humains ? Et combien de temps durera cette gloire ?...

C’est pourquoi sur cette tendance instinctive de la vanité, l’homme éclairé doit greffer le désir de la gloire divine. C’est au Ciel qu’il cherche à plaire, pas aux humains, car Dieu sait seulement par quels chemins tortueux on doit passer pour les satisfaire. Il se met au service du Ciel pour mériter d’être accueilli parmi les élus. A ce moment-là, que les humains le reconnaissent, l’estiment ou non, il ne s’inquiète pas, il continue son travail, car il sait qu’il travaille pour l’éternité et qu’il gagnera un jour la gloire véritable, une gloire immarcescible. L’homme a été créé pour participer à la gloire divine, et cette idée est aussi exprimée dans les Evangiles : c’est la parabole du festin où l’invité doit se présenter avec des vêtements de cérémonie. Seul est accepté à ce festin celui qui porte les parures et les vêtements somptueux, symboles de la gloire divine jusqu’à laquelle il a pu s’élever.

Tous ces exemples doivent vous faire comprendre que seul compte le travail que vous ferez sur vous-même, quelles que soient vos faiblesses et vos lacunes.

D’ailleurs, les qualités et les vertus n’ont pas une valeur absolue. Combien de gens possèdent de grandes vertus ! et que font-ils avec ? Rien. Tandis que d’autres ont toutes sortes de défauts, mais ils veulent s’améliorer, et en travaillant chaque jour sur eux-mêmes, ils deviennent capables d’accomplir de grandes choses. S’ils n’avaient pas ces défauts, ils ne feraient peut-être rien. Mais oui, on a vu des gens réaliser des exploits en travaillant sur leurs défauts, tandis que d’autres, satisfaits de leurs qualités, ne faisaient pas grand-chose. Eh bien, sachez que le Ciel donne deux centime de vos qualités ; il ne considère que ce que vous réaliser avec.

Ce qui importe, c’est uniquement le travail que nous faisons sur nous-mêmes pour mettre nos défauts comme nos qualités au service d’un haut idéal. Combien de gens se lamentent sur la nature humaine pécheresse et porteuse des germes du mal ! Mais il n’y a pas à se lamenter, il y a uniquement à travailler. Que ce soit la vanité, l’orgueil, la colère, la jalousie, la sensualité, tous les défauts doivent être mis au travail. Voilà le véritable travail alchimique.