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mardi 17 décembre 2013

La parabole de l’ivraie et du froment




Si vous demandez à un Initié pourquoi le mal existe, il ne vous donnera pas de réponse. Et si vous lui demandez ce que vous devez faire pour le supprimer, il vous enseignera seulement comment le considérer afin de travailler avec lui, sur lui. C’est le sens de la parabole évangélique de l’ivraie  et du froment. Des serviteurs viennent dire à leur maître que de l’ivraie a poussé dans le champ de blé qu’il avait fait semer et ils lui proposent de l’arracher. Mais le maître répond : « Non, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson ».

Le blé et l’ivraie sont les symboles de réalités qui n’existent pas seulement dans le domaine végétal, mais aussi parmi les animaux et jusque dans la société des hommes. Le blé symbolise tout ce qui est bon, utile, nourrissant ; tandis que l’ivraie, qui est une herbe nuisible aux céréales, symbolise le mal. Et le mal, les humains sont toujours prêts à le combattre, car ils pensent pouvoir l’anéantir ; ils ne cessent de pousser des cris contre les vices et les mauvaises actions de leurs semblables, et leur langage est rempli d’expressions où il est toujours question d’extirper, d’arracher, d’éliminer, d’écraser, etc. Mais depuis que le monde existe on n’est jamais arrivé à extirper le mal ni à anéantir tous les êtres mauvais… et on n’y arrivera jamais.

La vérité, c’est que l’existence du mal est une question inextricable. Et de l’être humain lui-même on doit s’attendre au meilleur comme au pire, parce que tout en étant une entité unique il possède par essence deux natures ; une nature supérieur qui reflète les puissances lumineuses de l’univers, et aune nature inférieure qui reflète les puissances ténébreuses ; Alors, suivant que l’une ou l’autre se manifeste, il y a de quoi être émerveillé ou horrifié. Chaque jour les occasions ne manquent pas de e se poser des questions : « Comment cette personne a-t-elle pu se conduire aussi magnifiquement ? » Et d’autre : « Mais c’est un monstre, comment est-ce possible ? » Eh bien, oui, tout est possible ; on est obligé de constater que non seulement il existe sur la terre des êtres moralement si dissemblables qu’on se demande presque s’ils appartiennent à la même espèce humaine, mais encore, dans une même personne aussi, on peut voir se manifester tour à tour le ciel et l’enfer.

Le champ de blé de la parabole est une image du monde, et l’ivraie et le froment représentent les méchants et les gens de bien qui sont obligés de vivre ensemble. Impossible d’échapper à cette situation. Vous direz qu’il n’existe qu’un très petit nombre de personnes sur la terre dont on peut dire qu’elles sont tout à fait bonnes ou tout à fait mauvaises ; la majorité se situe entre les deux. C’est vrai. Mais ce qui est encore plus vrai, c’est que beaucoup, qui pensent faire partie des gens de bien, se donnent le droit de juger les autres, de les condamner, de les combattre, de les tenir à l’écart, et ils commettent des erreurs.

Dans le monde comme dans chaque être humain, le bien et le mal sont si étroitement enchevêtrés que si nous voulons arracher le mal, nous risquons en même temps d’arracher le bien. Dans la Table d’Emeraude, Hermès Trismégiste dit : « Tu sépareras le subtil de l’épais avec grande industrie ». Mais y a-t-il beaucoup de gens qui sont capables de séparer le subtil (le bien) de l’épais (le mal) ? La meilleure solution, c’est de laisser le bien et le mal vivre ensemble et de chercher à utiliser les forces extraordinairement puissantes contenues dans les éléments du mal, c’est à dire de prendre d’elles quelques doses infinitésimales pour augmenter et intensifier les forces du bien. Oui, ne pas arracher le mal, mais le mettre au service du bien.

C’est  déjà ce que nous pouvons faire dans notre vie psychique, ainsi que je vous l’ai plusieurs fois expliqué en vous donnant l’image de l’arbre. Car l’être humaine st semblable à un arbre qui, grâce à la lumière du soleil spirituel, peut transformer en lui la sève brute, ses tendances instinctives, en sève élaborée qui ira nourrir les fleurs et les fruits de son âme et de son esprit ; Combien de fois les forces du mal se permettent de détourner les forces du bien pour les faire servir à leurs desseins ! Alors pourquoi le bien n’aurait-il pas le droit de prendre les forces du mal pour les transformer et les mettre au service d’un idéal élevé ? Non seulement il en la droit, mais il en a même le devoir. Cette relation qui existe en nous entre le haut et le bas existe aussi dans la société, car la société est elle-même un immense organisme où nous pouvons découvrir les mêmes mécanismes que pour l’individu, et donc appliquer les mêmes règles. C’est cette science que possédait Jésus. Il connaissait la nécessité d’une circulation entre les mondes inférieur et supérieur, et c’est pourquoi il ne cessait de rencontrer les gens simples, les pécheurs, les criminels même ; Les pharisiens et les sadducéens, eux, croyaient manifester une supériorité morale et spirituelle en se tenant loin du peuple, et ils condamnaient la conduite de Jésus ; leur orgueil leur suffisance, leur manque d’amour les empêchaient de voir les raisons profondes de son attitude.

Bien sûr, ces faits se sont déroulés il y a deux mille ans, mais ce n’est pas une raison pour éviter d’y réfléchir, car ils posent des questions qui sont toujours d’actualité. Celui qui ne veut fréquenter que des personnes distinguées, instruites et vertueuses ne peut pas évoluer, car il n’est pas un bun alchimiste. Il ne cherche pas à utiliser les énergies contenues dans les racines, il ne cherche pas à transformer le plomb en or, et il se prive donc de beaucoup de choses. Nous n’évoluerions pas si les différentes parties, plus nobles ou moins nobles, de nos organismes physique et psychique ne communiquaient pas entre elles ; de même, pour évoluer, les humains de toutes les catégories doivent pouvoir entrer en relation les uns avec les autres. Les inégalités qu’on voit se manifester parmi eux ne sont que superficielles et passagères ; leurs qualités physiques, intellectuelles,  morales, spirituelles, les événements de leur existence, tout ce qui fait que dans un domaine ou dans un autre les uns semblent privilégiés et les autres non, correspond seulement à un moment de l’évolution. [ …]

A la différence des Pharisiens ou des Brahamanes de l’Inde qui, se considérant comme une élite spirituelle, méprisaient le peuple et le tenaient à distance pour ne pas être souillés, Jésus ne craignait pas ce contact. Pourquoi ? Parce qu’il était lui, réellement pur. Les êtres d’une grande pureté sentent qu’ils peuvent aller partout et fréquenter n’importe qui, ils n’ont pas peur d’être salis par les autres. Leur amour est plus fort que tout et c’est cet amour qui les rend capables de transformer les impuretés autour d’eux. Donc, contrairement à ce que croient encore beaucoup trop de gens, se tenir à l’écart des déshérités, des faibles et des pécheurs n’est pas un signe d’évolution.

Je ne dis pas cela pour vous pousser à vivre parmi les malfaiteurs, les débauchés ou les malades mentaux. Le désir d’aider les êtres ne suffit pas pour les arracher à leurs vices ou à leurs faiblesses, et combien de fois on a vu des personnes animées d’intentions généreuses se laisser entraîner aussi bas que ceux qu’elles voulaient sauver ! Elles avaient présumé de leurs forces. Pour transformer les êtres, il faut d’abord avoir appris à faire ce travail de transformation sur soi-même. Et comment ? Déjà, tout simplement, en apprenant comment manger. Eh oui !


L’estomac est une usine où se transforme la matière brute que nous absorbons : les aliments. C’est là, dans notre estomac, que se trouvent les racines de notre être physique. Cette matière première que nous donnons à l’estomac s’élabore ensuite dans les poumons, le cœur et le cerveau. Elle devient ainsi sentiments, désirs, pensées. Et ces sentiments, ces désirs et ces pensées redescendent à leur tour dans l’organisme pour nourrir les cellules de leurs énergies subtiles. C’est ainsi que se font des échanges permanents entre le côté physique et le côté spirituel de notre être ; sans ces échanges, sans cette circulation des énergies, nous mourrions. Il ne faut pas s’imaginer que le corps physique peut fonctionner indépendamment des pensées, des sentiments et des désirs qu’entretient l’être qui est en possession de ce corps ; le corps physique n’est pas uniquement une machine, il entretient des relations avec nos corps subtils, et plus nous arrivons à harmoniser ces relations, plus nous le renforçons.