Merci de votre visite

mardi 11 mars 2014

Méditer sur la lumière



De plus en plus, les pays occidentaux sont envahis par des enseignements venus d’Orient qui apportent différentes techniques de méditation. Ce n’est pas moi qui nierai la valeur de ces enseignements et de ces disciplines millénaires. Toutes les grandes religions et philosophies de l’Inde, du Tibet, de la Chine, du Japon, ont été des sommets de la pensée et de la spiritualité. Mais ce que je mets en doute, c’est l’efficacité de ces "yogas" pour les Occidentaux, étant donné surtout la façon dont ils les pratiquent – même si ce sont des Indiens, des Tibétains ou des Japonais qui viennent les leur enseigner. Je vois que pour la majorité d’entre eux, cela reste extérieur, superficiel. Comment peuvent-ils imaginer, par exemple, que la pratique de quelques asanas (attitudes), moudras (gestes), et la récitation de quelques mantras vont les transformer ?

Certains diront que c’étaient là les postures de Bouddha quand il méditait sous le figuier et qu’il a reçu l’illumination. C’est possible, je veux bien, mais il faut d’abord prendre en considération quel être était Bouddha. Ce ne sont pas les postures qu’il a prises, les gestes qu’il a faits qui l’ont rendu Bouddha, ce sont ses qualités exceptionnelles, et elles se seraient manifestées quelles que soient les postures qu’il ait prises et les mantras qu’il ait prononcés.

Je ne dis pas que certaines postures, certains mouvements ne contribuent pas à sensibiliser l’homme à des courants particulièrement puissants ou bénéfiques, mais ce n’est pas là l’essentiel. Si l’home n’a pas développé un véritable goût et de véritables dispositions pour la vie spirituelle, aucun mouvement ou posture ne pourra combler cette lacune.

Quand j’étais au Japon, j’ai passé quelques jours dans un monastère bouddhiste Zen. Il y a avait là une douzaine de moines très gentils, très sympathiques ; ils m’avaient même logé dans un petit temple, un peu isolé, pour que je ne sois pas dérangé par le bruit. Chaque matin je participais à leurs cérémonies et à leurs exercices nus, chacun était assis sur un coussin, en positon de lotus et tourné vers le mur. Je ne vous donnerai pas les détails de cette posture (comment tenir la tête, les épaules, les mains etc.), ce n’est pas utile. Ce qui était intéressant, c’était la présence d’un moine qui, armé d’un bâton, était chargé de frapper sur l’épaule celui qui commençait à somnoler ou qui ne gardait pas la bonne posture. Car l’homme possède, paraît-il, à l’épaule un centre nerveux important et le cop de bâton à cet endroit doit harmoniser les énergies, donc réveiller celui qui s’endort, mais apaiser aussi celui qui est tendu. Pour faire l’expérience des effets de ce bâton, je demandai au moine de m’en donner un coup. Mais il ne voulait pas, disant que je n’en avais pas besoin. A force d’insister, il finit par accepter : je n’ai rien senti de très extraordinaire – peut-être justement parce que je n’en avais pas besoin – mais tout de même, cela apportait quelque chose. 

Ce qui m’a étonné chez les moines de ce monastère, et d’ailleurs chez la majorité des moines pratiquant le Za-Zen que j’ai rencontrés, c’est l’inexpressivité de leurs visages après la méditation : aucune lumière ne les éclaire, aucune vie ne les anime, et même chez certains les traits sont d’une grande dureté. Bien sûr, je ne vais pas me prononcer sur une discipline que je ne connais pas bien ; mais du point de vue de la véritable Science initiatique, une méditation est un contact avec le monde divin et celui qui médite doit garder sur lui des traces de ce contact ; une plus grande lumière, un plus grand amour. Sinon, à quoi bon méditer ?

Vous me direz que le but du Za-Zen est d’arrêter la pensée, de faire le vide. Eh bien, justement, je trouve que dans certains cas ce vide se sent trop. On ne peut pas prendre pour but dans la vie de s’asseoir et de faire le vide. Que ce soit utile parfois, je ne dis pas non, et encore y aurait-il beaucoup de choses à dire sur la pratique du vide. Réaliser le vide, se mettre dans un état de réceptivité pour attirer, absorber, devenir comme un récipient où le Ciel viendra déposer toutes ses splendeurs, le principe est bon. Mais il y a un danger, car si intérieurement le terrain n’est pas préparé, si on ne s’est pas préalablement purifié, en réalisant cet état de vide, de passivité, n va attirer ce qui correspond à son état intérieur : des entités ténébreuses, des courants nocifs. Il ne faut pas se faire d’illusions, le monde invisible n’est pas uniquement peuplé d’anges et d’archanges porteurs de bénédictions, il est peuplé aussi de créatures monstrueuses qui sont souvent hostiles aux humains et ne demandent qu’à trouver des proies. C’est pourquoi seul celui qui s’est préalablement purifié et renforcé peut s’exercer sans danger à faire le vide en lui.

Certains symboles de la chrétienté, comme la coupe du Graal, nous apprennent que ces pratiques du vide n’appartiennent pas exclusivement aux traditions orientales. La coupe du Graal contient tout un enseignement. La coupe est un symbole féminin qui révèle que le disciple doit se mettre dans un état de réceptivité afin d’attirer cette quintessence cosmique qui est le sang du Christ, l’esprit du Christ. Lorsque l’esprit du Christ descend dans le disciple, il devient le Saint-Graal, tout son être est une coupe dans laquelle le Christ vient habiter.

La tradition rapporte que la coupe du Graal était une émeraude. L’émeraude est une pierre précieuse de grande valeur dont la couleur verte est par excellence celle du principe féminin, Vénus. Et le sang du Christ contenu dans la coupe est un symbole du principe masculin, le rouge étant de couleur de Mars. L’esprit du Christ ne peut pas descendre dans n’importe quelle coupe sale ou taillée dans une matière grossière ; il vient seulement habiter chez une femme céleste, ce qui veut dire un corps purifié de toute souillure. Le rouge et le vert sont deux couleurs complémentaires ; si vous fixer le vert pendant un long moment, vous voyez apparaître du rouge, et inversement, car ces deux couleurs s’attirent. Un vert sale attirera donc un rouge sale… Et une coupe sale, c’est à dire un être humain impur attirera des entités diaboliques. Vous voyez, la science des symboles permet de faire des découvertes très intéressantes concernant la vie intérieure. Donc, avant de faire le vide, vous devez préparer les conditions, car le vide est par nature ce qui est destiné à être rempli, et il sera rempli par ce que vous aurez attiré.

Le Zen, le yoga, sont des disciplines très anciennes, mises au point par des êtres d’une exceptionnelle élévation spirituelle, mais je pense qu’ils ne sont plus pratiqués dans le même esprit que par le passé, même dans leurs pays d’origine. Et je pense aussi que la façon dont les Occidentaux se jettent là-dessus est dans certains cas très inquiétante. Car c’est une illusion de croire que, sans une science précise concernant la structure de l’homme et ses rapports avec l’univers, sans certaines règles de vie très strictes, sans un haut idéal d’amour et de fraternité, quelques postures permettront d’obtenir de grands résultats spirituels. Comme c’est une illusion aussi de croire qu’en allant chaque dimanche à la messe s’agenouiller, prendre de l’eau bénite, faire le signe de la croix et recevoir la communion, un chrétien va être visité par le Saint Esprit. Donc, à tous ceux qui sont des adaptes des enseignements orientaux, je peux dire que tout ce qu’on leur enseigne comme pratiques est magnifique, mais que ce n’est pas ainsi qu’ils deviendront Bouddha ou qu’ils recevront l’illumination. On peut recevoir l’illumination sans pratiquer aucune de ces disciplines. Oui, celui qui est décidé à faire un véritable travail sur lui-même et qui s’y applique chaque jour recevra l’illumination. Et pour recevoir l’illumination, il n’existe pas de meilleure méthode que de méditer sur la lumière, de travailler avec la lumière.

Il y a des années, quand j’étais encore un très jeune disciple auprès du Maître Peter Deunov, je lui avais posé la question : "Quel est le moyen le plus efficace pour développer les facultés spirituelles et trouver Dieu" ? Et il m’avait répondu seulement ceci : "il faut penser à la lumière, se concentrer sur la lumière qui pénètre tout l’univers". J’ai longtemps travaillé sur cette image de la lumière t j’ai beaucoup appris. Dieu n’et pas la lumière, Il est infiniment plus que cela, on ne peut ni Le connaître ni même l’Imaginer. Mais puisqu’elle est la première émanation divine, la lumière contient toutes les qualités, toutes les vertus de Dieu. On ne peut donc connaître Dieu, on ne peut se lier à Lui, on ne peut L’aimer qu’à travers la lumière. C’est donc chaque jour que nous pouvons faire ce travail avec la lumière, chaque jour nous concentrer sur la lumière, la boire, la manger, nous reposer en elle, nous fondre en elle, nous imprégner d’elle, sentir que l’univers entier est rempli de lumière.  Puisque la lumière est la matière de l’univers, on ne peut trouver le sens d al vie que dans la lumière. C’est pourquoi elle doit devenir votre principal sujet de méditation. Chaque matin, avant d’entrer dan stout autre préoccupation, tournez votre pensée vers la lumière comme si tout dépendait d’elle, comme si votre vie dépendait d’elle. Faites comme si votre dernier instant était arrivé, imaginez que vous allez devoir quitter la terre et que seule la lumière peut vous sauver. Vous vous concentrez alors sur cette image de la lumière qui pénètre l’univers et apporte toutes les bénédictions. Pendant un moment plus rien d’autre ne doit compter.

Cette lumière, vous pouvez l’imaginer violette, indigo, bleue, verte, jaune, orange ou rouge. Mais il est préférable de se concentrer sur la lumière blanche car elle est une synthèse de toutes les autres, elle réunit les vertus du violet, de l’indigo, du bleu, du vert, du jaune, de l’orange et du rouge. Quand vous serez arrivé à vous concentrer sur la lumière, que vous la sentirez comme un océan qui vibre, qui palpite, qui frémit, où tout est joie et harmonie, vous commencerez à sentir aussi que cette lumière est un parfum et une musique, cette musique cosmique que l’on appelle la musique des sphères, le chant de tout ce qui existe dans l’univers. 

Si vous prenez l’habitude de consacrer chaque jour un long moment à la lumière, vous allez l’attirer, l’introduire en vous et c’est ainsi que toutes les vieilles particules de vos corps physique, astral et mental seront peu à peu remplacées par des particules plus pures, plus lumineuses. Et vous en ferez l’expérience ; lorsque vous aurez vraiment réussi cet exercice, vous sentiez pendant quelques minutes au moins que vous êtes devenu lumineux, comme si des lampes s’étaient allumées en vous et vous éclairaient de l’intérieur vous sentirez même que cette lumière sort à travers votre visage, vos yeux, vos mains, et tout votre corps. Vous pouvez faire cet exercice avec la lumière en le liant à la respiration. Vous inspirez en pensant que vous attirez la lumière et vous expirez en pensant que vous la projetez sur vous-même, sur vos organes, sur vos cellules. A nouveau vous inspirez… puis vous expirez… Très vite vous pourrez constater combien cet exercice agit favorablement sur vous ; il vous apportera un des trésors les plus précieux : la paix intérieure. 

Et une fois que vous avez attiré la lumière en vous, vous pouvez faire un second exercice qu’après avoir longtemps fait le premier et remplacé en soi beaucoup de particules ternes, maladives, par des particules de lumière. Il faut attendre de sentir que le travail de transformation et de purification a réussi pour se permettre de donner aux autres cette lumière que l’on a reçue. Ce travail avec la lumière est aussi symbolisé par la lettre hébraïque Aleph. Aleph. C’est l’Initié qui prend la lumière céleste, la vie divine, pour la donner aux humains. Il y a très longtemps – je devais avoir une vingtaine d’années – j’ai lu dans le Zohar des paroles que je n’ai jamais pu oublier. C’était en bulgare, bien sûr, mais je vous les traduirai en français : "Sept lumières il y a dans la hauteur sublime, et c’est là qu’habite l’Ancien des Anciens, le Caché des Cachés, le Mystérieux des Mystérieux, Aïn Soph". Quand je prononçais ces paroles, tout vibrait et frémissait en moi ! ces sept lumières, auxquelles président sept anges, sont évidemment les sept couleurs et à chacune d’elles correspond une vertu : au violet le sacrifice, à l’indigo la force, au bleu la vérité, au vert l’espérance, au jaune la sagesse, à l’orange la sainteté, au rouge l’amour. On peut évidemment associer à ces couleurs d’autres qualités, mais il n’est pas nécessaire ici d’entrer dans les détails.

Maintenant, j’ajouterai que pour faciliter ces exercices de méditation sur la lumière, pour qu’ils portent réellement leurs fruits, on ne doit pas les limiter aux seuls moments où l’on s’assied pour méditer. Dès que vous avez un instant de libre, fermez les yeux et concentrez-vous sur la lumière. Faites-le discrètement, bien sûr, il n’est pas nécessaire qu’on vous remarque ; vous pouvez seulement donner l’impression que vous êtes en train de vous reposer. Dans toutes les circonstances de la vie, que vous fassiez la cuisine, que vous écriviez des lettres, que vous vous laviez, que vous vous habilliez ou vous déshabilliez, etc… vous pouvez pendant quelque secondes imaginer cette lumière dans laquelle baigne l’univers entier. Si vous arrivez à faire de la lumière votre préoccupation constante, vous allez transformer votre vie. Quand vous sentiez votre âme obscurcie par un chagrin, une difficulté, un doute, allez vers la lumière et parlez-lui. Dites-lui : "O lumière, toi qui es la plus sage, entre en moi, viens éclairer mon cœur et mon cerveau". Et la lumière vient et vous éclaire. Si vous voulez aider quelqu’un qui est dans la peine, envoyez-lui par la pensée des rayons lumineux, pénétrez-le de ces rayons. Vous allez rendre visite à des parent sou des amis ? N’entrez pas chez eux dans n’importe quel état d’esprit, avec n’importe quelles pensées, n’importe quels sentiments. Avant d’entrer dans une maison, recueillez-vous quelques instants en pensant que cette maison et ses habitants sont plongés dans la lumière. Comment ne seraient-ils pas alors heureux de vous accueillir ?

Sous prétexte qu’ils n’ont ni dons, ni qualités, ni situation extraordinaire, beaucoup se croient justifiés de se laisser aller à une vie médiocre. Non, personne ne peut se justifier ainsi. Même l’être qui serait le plus démuni à tous les points de vue peut faire ce travail avec la lumière, car il est simple, accessible à tous, et en le faisant on réalise quelque chose de plus important et de plus utile que tous les travaux de gens plus capables dans les autres domaines. Oui, même l’être le plus déshérité a la possibilité d’acquérir cet état de conscience supérieur : travailler avec la lumière pour aider, éclairer, soutenir toute l’humanité. Et ne dites pas : "Mais ce n’est pas possible, les humains sont tellement nombreux et moi je suis tellement petit". Si vous raisonnez ainsi, vous diminuez la valeur de ce que vous êtes en train de faire. Bien sûr, vous n’allez pas réaliser le Royaume de Dieu et sa Justice sur la terre du jour au lendemain, mais du moment que vous le souhaitez, vous orientez vos forces et vos énergies dans cette direction. Ce travail avec la lumière produit des effets sur vous-même d’abord : vous vous élevez, vous vous ennoblissez et, comme rien ne reste sans conséquences, d’une façon ou d’une autre vous influencez favorablement les autres. Voilà quel doit être pour vous le principal sujet de méditation.

Et je peux encore vous donner un exercice. Vous êtes au lever du soleil et vous attendez le premier rayon. Vous êtes vigilant, attentif, et quand ce premier rayon apparaît, vous le buvez oui, vous l’aspirez… Vous commencez ainsi à boire le soleil. Au lieu seulement de le regarder, vous le buvez, vous le mangez, en pensant que cette lumière qui est vivante se propage dans toutes les cellules de vos organes, qu’elle les renforce, les vivifie, les purifie. Cet exercice vous aide à vous concentrer, à rester vigilant, car le besoin de continuer à manger et à boire maintient votre conscience en éveil.

Pour rejoindre Francesca sur le Forum : La Vie Devant Soi