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dimanche 27 juillet 2014

L’ARDEUR DES SAINTES ET DES SAINTS



Beaucoup de saints et de saintes ont été très ardents jusqu’à la dernière minute, et ce n’était pas mauvais, au contraire. Ceux qui savent utiliser la force sexuelle sont les plus riches et les plus privilégiés, parce que cette force est une bénédiction.

Beaucoup de gens très croyants ont voulu se suicider parce qu’ils sentaient cette ardeur en eux et se croyaient damnés. C’est qu’ils n’avaient rien compris, et malheureusement l’Eglise n’explique rien à ce sujet. Dans l’initiation, on présente les choses autrement. La force sexuelle est un don de Dieu, seulement il faut savoir l’utiliser. Les pays qui ont beaucoup de charbon ou de pétrole dans leur sous-sol deviennent archi-milliardaires parce qu’ils les utilisent. Et ceux qui ne savent pas les utiliser se brûlent. De même la force sexuelle est une énergie que l’homme doit apprendre à utiliser pour éclairer, chauffer et tout faire marcher au-dedans de lui.

Mais les gens sont tellement loin de la vérité que, lorsqu’ils voient une jeune fille ou un jeune garçon qui possède beaucoup de cette force, ils sont prêts à le lui reprocher. Comme si ces jeunes gens devaient ne rien sentir! comme s’ils devaient être morts!... Voilà l’idée des adultes, et au lieu de l’aider, ils vont tous l’abîmer et lui barrer le chemin, personne ne lui dira: «Bravo, mon garçon! Tu es privilégié d’avoir cette richesse... Seulement tu dois savoir que, si tu n’es pas intelligent, cette richesse justement sera la cause de tous les malheurs». Voilà ce qu’on devrait lui dire, mais au lieu de cela, on le plaint, on le critique; et quand on voit un garçon froid, on se réjouit.

Mais que fera-t-il avec sa froideur? Rien du tout !

Moi aussi j’ai été éduqué ainsi, et même pire que vous. Si vous saviez comment nous étions éduqués en Bulgarie au début du siècle! C’est pourquoi je remercie le Ciel d’avoir eu la lumière de cet Enseignement. Et maintenant, s’il y a des jeunes filles ou des jeunes garçons qui viennent m’entendre aujourd’hui pour la première fois, je me permettrai d’ajouter encore quelques mots pour les aider. Vous penserez peut-être que je raconte trop de choses scabreuses... Oh là là, mais ce n’est rien ! Si vous saviez seulement ce que la jeunesse est en train d’apprendre et d’entendre, de quoi elle parle, de quoi elle s’occupe, vous seriez stupéfaits. Même les petits de douze ou treize ans se racontent de ces histoires ! Ce que je dis, moi, ce n’est rien à côté...

Donc, un jour, j’ai reçu la visite d’une jeune fille; elle était très jolie, sympathique, et d’après ses manières on voyait qu’elle était très bien éduquée. Mais voilà qu’elle m’a révélé qu’elle était très malheureuse parce qu’elle était obsédée par une image : dans tout ce qu’elle regardait, les fleurs, les fruits, les objets, et même sur le plafond, elle ne voyait que le sexe masculin. Et comme elle était croyante, catholique, elle se sentait vraiment perdue et tombée dans le péché. Quand je l’ai entendue, je me suis mis à rire. Elle m’a regardé d’un air un peu étonné et je lui ai dit: «Ecoutez-moi, me permettez-vous de vous expliquer et de vous donner un moyen de sortir de là ? - Oh oui, dit-elle, oui. » Et je lui ai expliqué : «Il n’y a rien de grave, il n’y a rien de mauvais dans tout ce que vous me dites. C’est naturel, c’est normal, ce sont des choses qui arrivent à tout le monde; plus ou moins, bien sûr, mais il n’y a pas de quoi se désespérer. La nature s’occupe de la propagation de l’espèce et c’est elle qui crée ces représentations chez les hommes et chez les femmes. Mais il faut savoir comment agir, comment utiliser ces images, sinon regardez dans quel état vous êtes... »

Voici donc désormais ce que vous devez faire. 

Quand il vous arrive de voir cette image sur un fruit ou sur un objet, au lieu de vous désoler, regardez tranquillement... Mais ne vous y arrêtez pas longtemps, parce que certains désirs risquent de s’éveiller et alors, pour se consoler, on a recours aux gestes, et ainsi de suite... Donc, pour que cela ne se produise pas, devenez un peu philosophe, c’est-à6dire, commencez à penser à l’intelligence qui a présidé à la formation de ces organes. Vous réfléchissez, vous méditez, vous êtes émerveillée de l’intelligence sublime qui s’est occupée de créer des choses aussi parfaites et vous avez déjà oublié la tentation qu’elles pouvaient apporter. Tandis que si vous vous appesantissez, vous n’en sortirez plus.

Prenez cette image comme un point de départ capable de vous propulser jusqu’à la source. Si vous n’avez pas ce point de départ, comment arriverez-vous à votre prédestination, en haut ? Mais souvenez-vous bien de ne le prendre que comme un point de départ, ne vous y arrêtez pas longtemps, sinon vous allez vous engouffrer et vous perdre. Vous devez seulement l’utiliser. »

Malheureusement les humains ne savent pas aller au-delà du monde des formes pour réfléchir et s’émerveiller. Ils ne savent pas que c’est cet émerveillement, justement, qui les sauvera. Vous dites: «Mais que m’arrive-t-il ? C’est affreux, c’est dégoûtant», et c’est ce qui vous perd. Remplacez ces vieilles conceptions et ne dites plus : «C’est affreux», mais : «Quelle beauté! Quelle splendeur! Quelle intelligence ! Comment la nature a-t-elle pu former une chose aussi extraordinaire?» Alors vous êtes dans l’émerveillement et vous retrouvez l’équilibre et la paix!» Voilà ce que j’ai dit à cette jeune fille et elle est partie très heureuse.

Le Seigneur a bien fait ce qu’il a fait, alors pourquoi vouloir mutiler ses créations? Certains se comportent à l’égard de la sexualité comme si le Seigneur avait mal fait les choses... Eh bien, c’est cela qui est grave, c’est cela qui est puni. On doit être en admiration devant tout ce que Dieu a créé parce qu’il savait pourquoi Il le créait. Ce n’est pas à nous de juger. Quelle drôle de philosophie on a donnée aux humains! Vous direz que c’était pour les garder dans la pureté, dans la chasteté... Mais c’est justement cela qui les pousse à transgresser toutes les lois de la pureté, parce que plus on leur présente les choses comme diaboliques et infernales, plus on les incite justement à aller voir et goûter!

Croyez-vous qu’en condamnant tout ce qui touche au sexe comme laid et dégoûtant, personne ne s’y intéressera plus et ne pratiquera rien?... Mais alors, comment se fait-il que la majorité des hommes qui trouvent cela dégoûtant se vautrent quand même jour et nuit dans ce dégoût? Cela n’a rien empêché, au contraire. Baudelaire dit même que c’est là où l’on sent que l’on commet un crime que l’on éprouve un plus grand plaisir. Oui, lorsque l’on sait que c’est défendu, que c’est criminel, le plaisir augmente. Cela peut être vrai, cela peut être faux, je ne veux pas en discuter, mais c’était seulement pour vous dire que vilipender le sexe n’a jamais été une solution, tandis que si vous pensez autrement, vous serez aidé.

La seule solution au problème de la sexualité est dans la manière dont les hommes et les femmes se considèrent. La cause de tous les désordres, de tous les débordements, c’est que les hommes n’ont jamais appris comment considérer les femmes, ni les femmes comment considérer les hommes. Si l’homme considère la femme comme une femelle, comme une Messaline, comme un objet de plaisir, il détermine déjà son comportement et il sera obligé de donner une issue à toutes ses tendances passionnelles. Mais s’il la considère comme une divinité, ses sentiments, son comportement seront transformés.

Jésus disait: «Qu’il te soit fait d’après ta foi». Oui, les choses deviennent telles ou telles selon la manière de les considérer. C’est une loi magique que l’humanité doit désormais connaître. On pense qu’on pourra changer la forme de son amour sans changer la manière de considérer celui ou celle qu’on aime... Non, c’est impossible. L’amour, il est très difficile de changer ses formes d’expression. Mais changer votre façon de considérer un être, et vous agissez sur vous, sur vos sentiments, sur vos tendances, donc sur la manifestation de votre amour. C’est ainsi que je fais, et je considère la femme comme une divinité. Vous direz : «Mon pauvre vieux, que vous êtes loin de la vérité ! Si vous saviez seulement ce qu’est la femme!...» Et vous croyez que je ne le sais pas?... Mais je ne veux pas y penser, je ne veux savoir ni ce qu’elle est ni ce qu’elle peut être, et cela m’aide, c’est pour moi que je le fais. Si vous croyez que je ne sais pas ce qu’est la femme ! J’aurais toutes les raisons de la considérer comme l’être le plus épouvantable, mais ça ne fait rien, je veux qu’elle représente une divinité pour moi. Je la considère donc comme une divinité et c’est moi qui en bénéficie : si vous saviez alors ce que je sens et ce que je découvre! 

Ce point de vue contient toute une philosophie...



Il y a des années, un médecin est venu me voir, un vieux médecin, gros, ventru, et il s’est mis à me parler des femmes. Et savez-vous ce qu’il m’a dit? Il m’a dit: «La femme, ce n’est qu’un vagin.» J’étais sidéré, oui. Dites-moi à quoi cela sert d’avoir des conceptions aussi prosaïques. C’est en partie vrai, bien sûr, on ne peut nier que l’être humain possède des intestins et toutes sortes d’organes qui ne sont pas particulièrement esthétiques. Mais ces intestins, ces fonctions un peu grossières, est-ce que l’homme ou la femme ne sont que cela ? Les gens confondent tout.

L’être humain est obligé d’avoir un corps physique avec des organes adaptés à telle ou telle fonction, mais il est loin d’être uniquement tel qu’il apparaît physiquement. L’homme, la femme ne se réduisent pas à des organes, ce sont des êtres qui pensent et qui sentent, des êtres qui ont une âme et un esprit. Quelle joie un homme peut-il ressentir en pensant que la femme n’est qu’un organe?... Toute sa vie psychique est gâchée. Ce médecin n’était vraiment pas psychologue : il n’avait pas étudié comment telle ou telle pensée influence notre état intérieur. Et moi, justement, ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment tout ce que je pense se reflète sur moi... Et je préfère penser que la femme est une divinité. Vous direz : «Mais ce n’est pas la vérité!» Oui, vous avez peut-être raison, mais votre raison ne m’intéresse pas et votre vérité est la chose la plus pernicieuse. Moi, en vivant dans les illusions et les mensonges - à supposer que ce soit des illusions et des mensonges - je suis l’homme le plus heureux. Je considère toutes les femmes comme des divinités, comme un aspect de la Mère Divine, et alors si vous saviez quel bonheur, quelle joie je ressens rien qu’à la pensée que les femmes existent sur la terre, c’est inouï!... Est-ce que vous croyez que je viendrais encore vous faire des conférences si je pensais comme ce médecin? Je n’aurais plus envie de vous voir, de vous parler, ni rien.

Alors, ça va loin cette affaire-là! Et vous aussi, vous devez changer vos conceptions. Les hommes doivent changer leur opinion sur les femmes, et les femmes leur opinion sur les hommes, sinon les portes de l’évolution leur seront fermées ; quoi qu’ils fassent, ils ne feront aucun progrès. Pour les femmes aussi, l’homme doit être une divinité. Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est que l’être humain possède deux natures : une nature inférieure, animale, et une nature supérieure, divine, que j’ai appelées la personnalité et l’individualité. Connaissant ces deux natures, le disciple d’une Ecole initiatique se demande toujours comment il peut nourrir l’individualité en lui-même et dans les êtres qu’il aime. Et c’est cela le véritable amour.

Mais arrêtons-nous seulement sur la façon dont les humains ont l’habitude de procéder pour gagner leur partenaire. Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, il faut l’amadouer, lui faire des compliments, flatter sa vanité, bref, toucher sa personnalité, sinon on sait qu’on n’obtiendra rien. Donc, tous deux savent s’y prendre : par des gestes, des paroles, des cadeaux, c’est toujours à la personnalité de l’autre qu’ils s’adressent. Quand il s’agit d’éveiller chez leurs bien-aimés toutes les facultés sublimes, idéales, lumineuses, parfaites, et de les nourrir ne serait-ce que d’une parole, d’un sourire, d’un regard... ils ne savent rien. Mais pour exciter et déclencher tout ce qui leur permettra d’assouvir leurs besoins inférieurs, là ils sont très savants. C’est pourquoi l’amour humain ne s’exprime encore que d’une façon animale, instinctive, passionnelle ; il est extrêmement rare d’y trouver un élément de poésie, de merveilleux.

Le rôle de la Science initiatique est de montrer aux humains comment ils peuvent nourrir la nature supérieure dans les êtres qu’ils aiment. Ce que je vais vous dire vous paraîtra bizarre et je me demande si vous me comprendrez, mais je vous le dirai tout de même. Supposons une femme qui tient son bien-aimé dans ses bras: évidemment, elle lui dit: «Mon cher André...» ou «Mon cher Jean...» ou «Tartampion chéri...», car, vous comprenez, il faut bien qu’il entende prononcer son nom pour que sa personnalité puisse se réjouir en pensant: «Ah! comme elle m’aime!...» et ainsi elle envoie toutes ses énergies dans le gouffre de sa personnalité à lui. Mais imaginez maintenant que tous les deux connaissent la nature de la personnalité et de l’individualité, qu’ils soient instruits dans la Science initiatique: quand la femme embrassera son bien-aimé elle dira: «O Père Céleste!...» et son bien-aimé sera heureux de devenir un conducteur de ses énergies qui remonteront jusqu’au Père Céleste! Et si lui aussi en l’embrassant s’adresse à travers elle à la Mère Divine, ses énergies se dirigeront également vers le Ciel.

Au lieu de limiter leurs échanges au côté inférieur où on ne sait jamais toutes les pourritures et les fermentations qu’ils vont donner ou absorber, il faut que l’homme et la femme puissent se lier à la source qui est Dieu. Oui, c’est sur cette source de perfection qu’ils doivent se brancher, et non sur un être limité et imparfait comme eux. Voilà un homme qui dit à une femme : «Chérie, je te rendrai heureuse». Vous le regardez : il est faible, ignorant et malheureux, comment la rendra-t-il heureuse? C’est en se liant l’un et l’autre au Père Céleste et à la Mère Divine qu’ils puiseront des forces dans ces réservoirs inépuisables, ils puiseront un amour pur, incorruptible, et ils se sentiront abreuvés, éclairés, renforcés, rajeunis, heureux.

Il faut savoir sans cesse créer et maintenir le lien avec l’amour divin. Tout ce que l’on fait doit être sensé, purifié, consacré, sanctifié pour servir une idée grandiose : le Royaume de Dieu et sa Justice. Voilà des connaissances que les humains ne possèdent pas. Ils ne servent toujours que la personnalité en eux-mêmes et chez les autres et comme la personnalité a des racines souterraines, elle les entraîne vers les abîmes. Mais il est difficile d’amener les humains à changer de point de vue. Ils ont de vieilles habitudes et ils répètent sans arrêt ces vieilles habitudes : ils satisfont toujours leur personnalité et ils ne donnent rien à leur individualité qui reste affamée.

Malheureusement, la personnalité qui reçoit une quantité de choses tous les jours a beau être repue, elle n’est jamais reconnaissante. La preuve : une femme a tout donné à l’homme qu’elle aime, tout, et il l’oublie, il est déjà avec d’autres. Pourquoi? Parce qu’elle satisfaisait seulement son sexe. Elle n'a pas réussi à nourrir en lui quelque chose de sublime, une autre nature pleine de noblesse qui, elle, n’oublie jamais le bien qu’on lui fait et reste éternellement reconnaissante. Et ensuite la pauvre femme se plaint : Je lui ai tout donné, et regardez maintenant comme il me traite! Eh oui, parce qu’elle a nourri une nature qui est toujours ingrate.

Le jour où cette question des deux natures sera plus claire pour vous, vous arriverez beaucoup mieux à résoudre les problèmes sexuels. Celui qui donne libre cours à ses tendances personnelles, égoïstes, perd la maîtrise de sa sexualité : c’est comme si ses organes fonctionnaient indépendamment de lui sans qu’il puisse arrêter ou même freiner quoi que ce soit. Il constate seulement, et il ne peut rien, ce sont donc d’autres forces qui se sont emparées de lui, qui lui prennent tout; lui n’est là que pour observer... Tandis que dans l’amour spirituel, vous constaterez que c’est vous, c’est-à-dire votre âme, votre esprit, votre individualité qui dominent et qui se nourrissent. Ce n’étaient que des regards, une présence, un parfum, mais vous êtes heureux, dilaté parce que vous sentez que c’est vous-même, votre nature supérieure qui a mangé, qui a bu, qui a respiré, et non d’autres entités étrangères à travers vous.

Je vous donne la vraie lumière sur ce sujet, et croyez-moi, je n’invente rien. L’amour est le plus grand mystère qui existe; on le connaît très mal et on continue à le pratiquer sans réfléchir et sans comprendre. C’est pourquoi on est tout le temps à patauger et à se rendre malheureux. Même si la science fait des découvertes formidables, tant que la question de l’amour ne sera pas comprise et résolue, l’humanité ne sortira pas de ses malheurs. Voilà le point de vue que le Ciel m’a donné et qui me permet de voir clairement cette question.

Omraam