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vendredi 1 août 2014

Pour une pratique spirituelle bien comprise



Prenons une journée ordinaire : le matin on se réveille, et immédiatement c’est toute une série de processus qui se déclenchent, des pensées, des sentiments, des gestes aussi : se lever, allumer la lampe, ouvrir les fenêtres, faire sa toilette, s’habiller, préparer le petit déjeuner, sortir dans la rue, aller au travail, rencontrer des gens, etc. que de choses à faire :… Et tout le monde est obligé de les faire. La différence, c’est que certains les font machinalement, mécaniquement, alors que d’autres, au contraire, qui possèdent une philosophie spirituelle, cherchent à introduire dans chacun de ces actes une vie plus intense, plus pure, dont ils bénéficient et font bénéficier leur entourage.

Pour moi, tout est travail ; le mot travail est dans ma tête jour et nuit, et je cherche à tout utiliser pour le travail. Je ne rejette rien, j’utilise tout. Même quand je reste immobile sans rien faire en apparence, je fais un travail par la pensée pour envoyer la vie, l’amour et la lumière partout dans l’univers.

Habituez-vous donc à considérer votre vie quotidienne, avec les actes que vous êtes obligé d’accomplir, les événements qui se présentent à vous, les êtres auprès desquels vous devez vivre ou que vous rencontrez, comme une matière sur laquelle vous devez travailler pour la transformer. Ne vous contentez pas d’accepter ce que vous recevez, de subir ce qui vous arrive, ne restez pas passif, pensez toujours à ajouter un élément susceptible d’animer, de vivifier, de spiritualiser cette matière. Car c’est cela véritablement, la vie spirituelle ; être capable d’introduire dans chacune de vos activités un élément, un ferment susceptible de projeter cette activité sur un plan supérieur. Vous direz : "Et la méditation, et la prière"… ? Eh bien, justement, la prière et la méditation vous servent à capter ces éléments plus subtils, plus purs, qui donnent à vos actes une dimension nouvelle.

Donc, il ne faut pas couper la vie spirituelle de la vie matérielle  et inversement, ce qui est encore plus essentiel, la vie matérielle doit être animée, éclairée par la vie spirituelle. Pourquoi ne rencontre-t-on partout que des gens insatisfaits ? Et d’où vient cette insatisfaction ? De ce qu’ils n’ont pas compris qu’ils doivent avoir un haut idéal, une idée divine qui éclair et purifie leur atmosphère intérieure. Et alors, quoi qu’ils fassent, ils finissent toujours pas être asphyxiés, empoisonnées. Même en vacances, même dans les meilleures conditions, à la montagne ou au bord de la mer, ils restent dans le même état déplorable. Oui, même ne dehors des bureaux, des ateliers, des usines, ils se sentent toujours insatisfaits, malheureux, écrasés parce qu’intérieurement ils ont coupé le lien avec le Ciel. Et dès que l’homme coupe le lien avec le Ciel, aucun moyen matériel ne peut le réconforter ; quoi qu’il fasse il souffrira.

Bien sûr, personne ne peut prétendre que l’existence des ouvriers, par exemple, est magnifique, et qu’il n’y a pas dans la société d’énormes injustices auxquelles on doit remédier. Mais c’est une autre question, car de la façon dont on envisage ces problèmes, même si on apporte de grandes améliorations matérielles, on n’arrangera rien,  et il y aura les mêmes mécontentements ou pire encore, parce que sans le lien avec le Ciel, on trouve toujours une raison de se plaindre et de se révolter. La preuve : tant de questions matérielles ont été résolues depuis des années et les gens, qu’ils soient riches ou pauvres, ne se disent ni plus heureux ni plus satisfaits. C’est donc bien qu’’il leur manque encore quelque chose d’autre.

De toutes parts on propose des quantités de produits, d’appareils, d’activités, de services qui doivent apporter aux humains le confort, le bien-être la sécurité… le bonheur, quoi ! Il n’y a qu’à lire les journaux et la publicité, tout est là pour les appâter et les leurrer surtout. Car même s’ils pouvaient profiter un jour de tout ce qu’on leur présente, et plus encore, cela ne leur donnera jamais ce dont ils ont vraiment besoin. Tandis qu’un Enseignement spirituel vous dit : "Apprenez à vous élever par la prière et la méditation jusqu’aux régions spirituelles et vous recevrez un élément subtil, imperceptible, qui vous comblera parce qu’il vous donnera le goût des choses". Oui, dès que vous avez reçu cet élément, vous entrez qu’il fait vibrer les cordes de votre âme et que voiture vie devient indescriptiblement belle et riche ! Sans cet élément impondérable qui ne s’obtient que par une discipline spirituelle, même si vous accumulez tout ce qu’il est possible d’accumuler, vous serez toujours insatisfait et déçu.

Malheureusement, les humains ont toujours tendance à donner des réponses physiques aux insatisfactions qu’ils ressentent. Ils font comme si ces insatisfactions venaient du corps physique, et alors ils lui donnent à manger, à boire, à fumer, ils le promènent et lui procurent tous les plaisirs. Mais le corps physique repu, saturé, suffoque et se plaint : "Arrête, tu vas me faire mourir, et ce n’est pas en me gavant ainsi que tout que tu te sentiras mieux" Mais l’homme ne comprend pas le langage de son corps, et il s’obstine en se disant que s’il n’arrive pas cette fois à trouver ce qu’il cherche, il y arrivera peut-être la fois suivante. Malheureusement, la fois suivante c’est la même chose ; le vide, mais il continue.

En réalité, il suffit de très peu de choses pour satisfaire le corps physique ; la plupart des réclamations en nous viennent de l’âme et de l’esprit qui ne cessent de prier, de supplier : "J’ai besoin de pureté, de lumière, d’espace. J’ai besoin de contempler le soleil. J’ai besoin de m’unir à Dieu, de travailler à l’avènement de son Royaume, afin que la paix règne un jour parmi les humains". Voilà les voix que nous devons distinguer en nous, et bien écouter leurs demandes afin de leur donner satisfaction.

Et maintenant j’ajouterai ceci : le fait que la drogue se répande de plus en plus dans le monde, et surtout parmi la jeunesse, est un avertissement. C’est l’âme humaine qui essaie de faire comprendre ses besoins : elle étouffe et elle se sert de la drogue pour se libérer. Il fallait, paraît-il, se débarrasser de cet "opium" qu’est la religion ? Eh bien, voici maintenant la marijuana, l’héroïne, la cocaïne et ainsi de suite ... est-ce préférable ?

L’âme a besoin de l’espace infini. Et lorsqu’elle se sent limitée, étouffée, elle cherche par tous les moyens à s’évader. Les alcools, les drogues sont parmi ces moyens parce qu’ils ont la propriété de chasser l’âme du corps physique et ils lui donnent donc, au moins pour un moment, l’illusion de la liberté et de l’espace. C‘est parce que la jeunesse, la preuve, ne sait pas comment satisfaire ce besoin d’évasion de son âme, qu’elle se drogue ; mais ce n’est pas une solution, car la drogue, c’est toujours un élément chimique que l’on donne à son corps. Or, le besoin d’évasion vient de l’âme, pas du corps. La drogue est un indice que l’âme demande à voyager dans les espaces infinis, mais ce n’est pas la drogue qui peut satisfaire l’âme et, seulement elle ne peut pas la satisfaire, mais elle détruit le corps. C’est pourquoi je ne conseille à personne de l’utiliser, sous quelque prétexte que ce soit. La joie, la dilatation, la liberté, la plénitude, c’est par des moyens spirituels qu’il faut les chercher.

Les vrais adaptes de la Science Initiatique ne comptent sur rien d’extérieur, ils savent qu’au-dedans d’eux-mêmes Dieu a déposé toutes les possibilités, toutes les richesses, toutes les substances de tous les laboratoires. Et c’est là qu’il faut les chercher. Bien sûr, c’est une entreprise de longue haleine qui demande des efforts quotidiens, mais cela en vaut la peine. La nourriture que vous prenez dans les régions sublimes de l’âme et de l’esprit vous rassasie pendant des jours et des jours, car il y a dans le plan divin des éléments d’une telle richesse que, si vous arrivez seulement une fois à les goûter, la sensation de plénitude qu’ils vous donnent ne vous quitte plus. Vous pouvez ensuite assumer toutes vos obligations familiales, professionnelles, sociales ; rien ne pourra vous enlever cette sensation d’immensité et d’éternité.

Maintenant, c’est vrai, il existe un autre danger : c’est de rechercher la vie spirituelle elle-même comme une drogue. Il m’arrive de recevoir des lettres de personnes qui me racontent leur vie : leurs souffrances, leurs échecs, leurs déceptions… Mais, disent-elle, maintenant qu’elles ont trouvé cet enseignement spirituel, toute leur existence est changée. Et elles m’exposent comment… Mais si elles s’imaginent que je vais être réjoui du tableau qu’elles sont en train de peindre. La vérité, c’est que non seulement je ne suis pas réjoui, mais je suis inquiet ; car ces personnes expriment avant tout un désir de fuite devant le travail, devant les efforts devant les responsabilités, comme si la vie spirituelle consistait à se laisser emporter par des courants agréables, à flotter dans on ne sait quel espace rempli d’images floues !... Eh non, la vie spirituelle a des lois et des exigences, des lois et exigences plus grandes encore que la vie matérielle et que la vie sociale.


La pratique spirituelle bien comprise n’est pas une fuite devant les réalités de l’existence, au contraire, elle doit nous rendre capable de mieux assumer notre vie sur la terre. C’est son but, sa raison d’être, et c’est à cet équilibre que nous devons tendre.