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samedi 29 novembre 2014

LA MUSIQUE DANS LA NATURE


La musique est le maillon entre le monde angélique et le monde humain ; elle est le fil qui joint ces deux mondes. C’est pourquoi tous les exercices spirituels débutent par la musique. Elle est le langage des esprits ; ils connaissent cette langue et quand vous désirez attirer un esprit, soit pour l’influencer, soit pour qu’il vous comprenne, chantez ou jouez d’un instrument.

La musique exige beaucoup de travail, un travail intensif pour ce qui est de sa compréhension, et non seulement vis-à-vis de son aspect extérieur, mais aussi du point de vue intérieur. Par exemple, si je vous jouais quelques morceaux occultes, certains d’entre eux pourraient vous paraître aussi tempétueux que certains morceaux de musique ordinaire, et d’autres, aussi dépourvus de sens que cette dernière. Les exercices que je vous donne ont pour but de développer les sentiments.

Quand vous vous trouvez près d’une source ou d’une rivière, vous ne soupçonnez pas qu’il s’y trouve également une musique ou une pensée. Quand vous êtes dans une très mauvaise disposition d’esprit, faites l’expérience d’aller au lieu-dit « Eri-Déré » et choisissez un endroit escarpé. Nous irons là où la rivière bifurque, où se trouve une petite auberge, observer son cours, et quand vous quitterez cet endroit, vous serez dans une excellente disposition. Quand vous monterez écouter le chuchotement de l’eau, des cailloux et aussi celui des feuilles, cette rivière fera naître en vous une excellente disposition, et en vous naîtront la joie et l’allégresse. C’est toute une vie ! De la musique émane de ses cailloux, de ses rivages ! Quelqu’un dira : « Ce n’est pas de la musique ! » Bien, mais ce bruit a produit sur toi une influence favorable. Allez écouter le meilleur concert, écoutez le plus grand virtuose et voyez s’ils produisent en vous une aussi bonne humeur.

La musique produira en vous des pensées comparables à celles qu’a produites la rivière. Mais pas uniquement. Allez près d’un ruisseau de montagne, non boueux - car dans les ruisseaux boueux, la musique est tout autre -, choisissez un ruisseau aux eaux pures et transparentes, avec de petits cailloux, sur lesquels l’eau se heurte çà et là, et écoutez quelle musique s’y joue ! Alors, quand vous irez en forêt, vous entendrez de telles symphonies, de tels morceaux de musique... Je dois vous y emmener. Il existe une période de l’année durant laquelle vous pourrez écouter de tels concerts.

Jusqu’à présent, vous n’avez pas observé la nature car votre intellect était occupé par d’autres pensées. Vous êtes déjà passé par de tels lieux, mais sans y prêter attention. Vous irez en pleine nature, et là vous oublierez tous vos soucis et vous tendrez l’oreille. De bon matin, quand vous pénétrez en forêt, tout est silencieux autour de vous ; puis vous commencez à entendre un petit murmure, un tout petit bruissement qui, progressivement, augmente et devient de plus en plus fort : le vent est venu et toutes les branches s’agitent puis vient une nouvelle accalmie. Alors, si votre ouïe est développée, vous vous rendrez compte que le frémissement de chaque feuille produit des sons particuliers.

Les gammes actuelles sont différentes des gammes occultes de la nature, elles ne sont pas en harmonie avec elle. La musique de la nature est accordée différemment. Si vous vous accordiez d’après cette musique et que vous chantiez, on vous demanderait : « D’où tenez-vous ce morceau, quel en est l’auteur ? » Ainsi, je voudrais que vous connaissiez la musique occulte, et que vous puisiez des forces et votre inspiration dans la nature vivante, et tout particulièrement des arbres. Allez un jour dans une forêt de pins, là, la musique est particulière. Si vous allez dans une forêt de hêtres ou de chênes, trouvez un bel endroit où certains changements se produisent sur le terrain.

Actuellement, notre conscience n’est préoccupée que par le ciel, et nous pensons que c’est un très bel endroit. Mais en quoi consiste cette beauté ? Vous êtes-vous déjà rendu compte de ce qu’est exactement une belle vie ? Une belle vie est une vie raisonnable, rien de plus ! Comment se manifeste une vie raisonnable ? Elle s’exprime aussi bien extérieurement qu’intérieurement, et son côté intérieur se manifeste par la musique. Il y a de la musique en nous. Chacun chante lorsqu’il est gai et joyeux. Quand quelqu’un est joyeux, il chante et s’il n’est pas chanteur, il prie ou chante intérieurement. Qu’est-ce que la prière ? C’est un chant divin. Prier est un art intérieur qui ne connaît pas de limites. La prière nécessite un autre instrument.

Ainsi, nous avons le chant, les sons, et avec eux, nous devons combiner la musique divine avec la musique angélique. Quand nous y serons parvenus, le rôle des hommes sera d’en donner la technique d’interprétation. L’élaboration des instruments de musique en bois nous revient. La partie physique, la confection du violon, des cordes, de l’archet, est humaine, mais les vibrations de l’air sont liées au monde angélique et le sens que porte la musique vient du monde divin. Tous nos contemporains ont comme idée que nous, les hommes, en tant qu’êtres dotés de raison, sommes les seuls à vivre. Il n’en est pas ainsi. À un moment donné, une personne peut être morte à vos yeux. Dans quel cas ? Quand vous ne vous intéressez pas le moins du monde à sa vie. Si vous êtes complètement absorbé par votre travail, une personne peut être absente pour un certain temps de votre intellect, et même, sembler morte pour vous ; mais par la suite, elle peut attirer votre attention et devenir intéressante pour vous. Dans votre vie, nombreuses étaient les personnes dont vous ne vouliez rien savoir mais auxquelles, après un certain temps, vous avez commencé à vous intéresser.

La musique est un moyen pour que la nature vive en vous. Et à vos yeux, les pierres retrouveront leur vie, les arbres, les sources, tout ce qui vous était extérieur deviendra vivant ; alors votre vie deviendra acceptable, et n’importe où que vous soyez, vous pourrez vous tonifier.

Toutefois, je ne parle ni de la vie citadine, ni de celle des villages, car vous ne pourrez y trouver cette fraîcheur.

Les Bulgares parlent beaucoup de leur musique. Je ne critique pas notre ancienne musique, mais je dirais que nous n’avons rien créé de nouveau depuis l’occupation turque - durant cinq ou six siècles -, mais que nous aimons nous en vanter. Le Bulgare vit toujours dans le passé. Il raconte : « Notre père, quel joueur de flûte il était ! Quel violoniste il était ! Ne regardez pas ce que je suis, mais ce qu’étaient mon grand-père, mon arrière-grand-père ; et ma grand-mère, quelle chanteuse elle était ! »

Ton grand-père et ta grand-mère étaient musiciens. Bien, ils ont posé les fondements ; et toi, qu’as-tu fait ? Si ton grand-père était musicien et ta grand-mère, chanteuse, si ton grand-père jouait de la gadoulka et que ta grand-mère chantait, qu’as-tu posé sur ce fondement ? Tu dois, toi aussi, y mettre quelque chose. Et le Bulgare répond : « Moi, je n’ai pas besoin de musique. - Alors, tu es en dehors de la vie ! - Je n’ai pas besoin de prières ! - Alors, tu es en dehors de la vie ! »


Actuellement, on cherche à montrer que la musique a de l’importance et c’est pour cette raison que les gens mondains y consacrent plus de temps. C’est bien, ils marchent sur le bon chemin et je les félicite.