Merci de votre visite

vendredi 12 décembre 2014

AIN SOPH AUR : LUMIERE SANS FIN



Lorsque nous ouvrons notre fenêtre le matin et que nous apercevons le soleil, nous sommes heureux de voir sa lumière, de sentir sa chaleur et de nous laisser pénétrer par la vie qu'il répand dans l'univers. Mais si nous pouvions quitter la terre pour nous rapprocher du soleil, peut-être découvririons-nous quelque chose de noir, d'obscur, qui ne nous réjouirait pas du tout. Voilà un mystère que nous devons creuser plus avant, car c'est une expérience analogue qu'ont faite tous ceux qui sont allés très loin dans la quête de la lumière. Et même beaucoup n'en sont pas revenus, car lorsqu'on s'élève jusqu'à ces hauteurs, on ne peut plus retourner sur la terre. Le papillon se brûle à la flamme de la lampe qui l'attire. Ceux qui ont voulu toucher l'Absolu ont disparu, fondus par la puissance de ses vibrations. C'est pourquoi il est dit que Kéther, la plus haute séphira, absorbe ou pulvérise ceux qui l'atteignent.

C'est aussi le sens qu'il faut donner aux récits de l'Ancien Testament concernant la disparition d'Enoch qui « marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit: il fut enlevé pour qu'il ne voie point la mort... » ainsi que celle d'Elie qui fut emporté par « un char de feu et des chevaux de feu... et monta au ciel dans un tourbillon. » Le feu dévore les objets et les transforme en flammes et il en est de même de la lumière. Cela vous paraît terrifiant? Non, pour les Initiés, être absorbé par la lumière, se fondre dans cet espace dont on ne sait plus s'il est lumière ou ténèbres, c'est l'expérience la plus désirable.

Dans l'Egypte ancienne, lorsque le disciple atteignait le dernier degré de l'initiation, le grand-prêtre lui chuchotait à l'oreille: « Osiris est un dieu noir... Osiris est ténèbres, trois fois ténèbres. » Comment Osiris, Dieu de la lumière et du soleil, pouvait-il être noir? Le disciple était troublé, car le noir est le symbole du mal et de l'inconnaissable. Avoir cherché la lumière, avoir parcouru tout ce chemin pour finir par découvrir les ténèbres! La réalité, c'est qu'Osiris est tellement lumineux qu'il semble obscur. Osiris est lumière au-delà même de la lumière. Pourquoi parle-t-on de « lumière aveuglante »? Apparemment il y a contradiction, mais en réalité, non. Même nous, dans le plan physique, nous n'appelons lumière que ce que nos yeux peuvent voir. Ce qu'ils ne peuvent pas voir, nous l'appelons ombre, nuit, et tout cela est relatif, ne serait-ce qu'en comparaison avec certains animaux qui, eux, y voient clair dans la nuit. Si rien ne vous a préparés à comprendre la pensée d'un très grand philosophe, d'un très grand savant, quelle que soit la lumière qu'il est en train de projeter sur certaines questions, tout cela reste obscur pour vous, et même, on peut dire que plus sa pensée est lumineuse, plus elle est obscure pour ceux qui ne peuvent pas la saisir. Les mots « ténèbres », « obscurité » ne sont pas utilisés là pour définir objectivement une réalité, mais pour exprimer notre incapacité à la concevoir. Et ce que nous appelons lumière correspond à une réalité qui se trouve davantage à notre portée. C'est pourquoi on peut dire que pour nous la lumière sort toujours des ténèbres.

Nous ne saurons donc jamais si les ténèbres sont véritablement ténèbres ou si elles nous apparaissent telles à cause de notre incapacité à voir. Comment savoir si les ténèbres ont ou non une réalité? Mais pour faciliter la compréhension, les Initiés, qui ont voulu instruire les humains sur les mystères de Dieu et de la création, enseignent que la lumière est sortie des ténèbres. Au début du livre de la Genèse, par exemple, il est écrit: « La terre était informe et vide. Il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.

Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. » Le monde des dix séphiroth que nous étudions est celui de la manifestation, à partir du moment où Dieu a dit: « Que la lumière soit! » Mais cela ne signifie pas qu'auparavant régnaient les ténèbres, au contraire. C’est pourquoi dans l’Arbre séphirotique les kabbalistes ont nommé l’espace au-delà de Kéther : Aïn Soph Aur, lumière sans fin. Cet espace est comme un voile tendu que l'on ne peut pénétrer. C'est l'Absolu, le Non-manifesté, dont on n'a aucune notion et dont Kéther, Dieu le Père, est une émanation.

La Divinité telle que les kabbalistes la comprennent est au-delà de la lumière et des ténèbres, au-delà des mondes créés. Et pour mieux exprimer encore ce mystère de la Divinité, au-delà d'Aïn Soph Aur les kabbalistes ont conçu une région qu'ils ont appelée Aïn Soph: sans fin, et encore au-delà d'Aïn Soph, Aïn: sans. A l'origine de l'univers il y a donc une négation. Mais
« sans », qui signifie l'absence, le manque, ne signifie pourtant pas la non-existence. Aïn n'est pas le néant absolu tel que certains ont imaginé le Nirvana des hindous. En fait, c'est exactement l'inverse. Aïn Soph Aur, comme le Nirvana, n'est pas une non-existence, un anéantissement, mais une vie au-delà de la création, de la manifestation, et tellement au-delà qu'elle semble être une non-existence.

Aïn, Aïn Soph, Aïn Soph Aur... C’est ainsi que les kabbalistes ont cherché à exprimer ces réalités qui échappent à notre entendement. L'Absolu, on ne peut pas en parler, mais gardez-en la notion et remerciez Dieu, votre Père Céleste qui vous aime, qui vous aide à grandir et qui travaille dans votre cœur, car les mots sont tout de même une manière de nous faire pressentir cette réalité.

Demandez au Ciel de vous donner la lumière afin de pénétrer ces Mystères vers lesquels je ne peux que vous orienter.


Omraam