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jeudi 9 avril 2015

DONNER UN SENS A SON EXISTENCE


À présent, l’homme qui vit dans les ténèbres, tantôt tombe et tantôt se relève. C’est pour cette raison qu’il souffre plus qu’il ne faut et qu’il en arrive au désespoir et dit :

« Dieu n’existe pas ! » Mais ce mot « Dieu » est très commun, il signifie gouverneur et non cet Être originel qui a engendré la vie dans le monde. Ce Dieu, dont les gens parlent, est une de leur invention et c’est pour cela qu’il leur ressemble. Quand ils ne peuvent pas expliquer correctement les phénomènes de la vie, ils lui donnent une explication uniquement mécanique et pareillement, ils donnent une explication mécanique de ce qu’est Dieu.

Mais pour ceux qui ont la connaissance, trois processus existent dans la nature : mécanique, organique et psychique, qui sont interdépendants dans leurs manifestations. Comme exemple de processus mécanique on peut prendre le travail du tonnelier : ses barriques, ses tonneaux constitués de planches sont seulement cerclés. Comme exemple de processus organique, prenons les plantes et comme exemple de processus psychique, nous avons les hommes. Ce sont trois processus dont les résultats sont différents. Actuellement, on veut expliquer les processus psychiques de façon mécanique.

Une telle analogie ne peut être faite, car, comme nous l’avons déjà dit, dans un processus mécanique, comme le cerclage pour le tonneau, il n’existe pas de lien intérieur entre les différentes parties, la liaison est externe. Dans la vie sociale, l’État est fondé sur un processus mécanique alors que la vie de la société repose sur un processus organique. Quand un processus organique ne se déroule pas correctement, la cause ne se trouve pas dans le processus lui-même, mais dans l’introduction de certains parasites. Il en est de même pour les processus psychiques. Chaque pensée ou idée introduite dans le monde peut aider au bon déroulement des processus de la vie ou bien, comme un parasite, les entraver.

 Par l’expression : « nouvelle idée », je sous-entends toute idée qui porte la vie en elle et y contribue ; toute idée qui détruit et désorganise la vie, est une idée ancienne. La vérité, comme nous la comprenons, ne peut être ancienne, elle est toujours nouvelle. En s’étudiant, l’homme peut découvrir ces trois processus en lui-même. Et quand il comprendra leur lien et leur interdépendance, il saura qu’il existe en lui une force cachée qu’il peut développer. Il existe des méthodes pour cela. Alors, rien ne sera caché à l’homme ; il connaîtra les trésors que recèle la nature. Il ne connaîtra pas les crises économiques et sociales, mais il n’abusera pas de cette connaissance. Dans l’état actuel où vous vous trouvez, je ne peux pas vous dévoiler ce secret, car j’ai une obligation et une responsabilité vis-à-vis de la nature. Pour moi, la nature est raisonnable, consciente et vivante, et je n’ai pas le droit de dévoiler les secrets qu’elle m’a confiés et dé- poser ses clés dans les mains des gens pour qu’ils la pillent.

Je dirai ce qu’elle me permet de dire, mais non ce qu’elle ne me permet pas. La nature donne uniquement ses clés à ceux qui ne forment qu’un avec elle et qui sont prêts à la servir avec dévouement et désintéressement. Celui qui développe cette force en lui-même et entre en relation avec la nature raisonnable, aura à sa disposition toutes ses richesses et tout ce qu’elle a sera à lui. Pour que la nature dévoile ses richesses, qu’elle donne ses clés aux hommes, ils doivent avoir l’amour en eux-mêmes, être prêts à servir et ne pas vouloir être des souverains. Mais, aujourd’hui, les gens s’amourachent, connaissent la passion, mais non l’amour. Sur le fait de tomber amoureux, j’ai une opinion particulière. Pour moi, tous ceux qui sont tombés amoureux se déplacent dans une nuit obscure ; la voie sur laquelle ils marchent présente de nombreux petits trous, et c’est pour cette raison qu’ils tombent tout le temps et se blessent.

L’homme amoureux tombera toujours ; se plaindra ensuite que son cœur souffre, qu’il est mal disposé, etc. C’est cela tomber amoureux. En ce qui concerne l’affection, c’est autre chose. C’est déjà une relation raisonnable. Si l’homme peut marcher dans la nuit sans tomber, cela signifie que ses yeux sont ouverts. Les gens confondent ces deux processus et se demandent pourquoi ils souffrent. Et quand ils ne comprennent pas, ils disent : « Dieu corrigera le monde. »

Cela n’est qu’une illusion. On ne peut corriger ainsi le monde. Pour que le monde soit corrigé, nous devons mettre en application les lois de notre existence, les lois de la vie et vivre selon les méthodes que ces lois nous édictent. La voie par laquelle les gens d’aujourd’hui veulent réorganiser leur vie et celle de la société, est tortueuse.

C’est un rapiéçage qui ne résoudra rien. Quoiqu’ils fassent sur cette voie, les gens n’aboutiront seulement qu’à rapiécer. Quels que soient les idéaux proposés aux gens malades, cela ne changera rien : ils devront être servis. C’est pourquoi le travail le plus important est de faire en sorte que les gens soient en bonne santé, afin qu’ils n’aient plus besoin d’être servis, mais qu’ils se mettent au service des autres. Je considère comme homme étant en bonne santé celui qui est capable, avec une bonne volonté, d’être au service de lui-même et des autres, librement, consciemment et avec amour. Cette idée, qui est l’idée même de la nature, doit être reprise par toutes les personnes raisonnables et les stimuler afin qu’elles travaillent à sa réalisation.


Par Peter DEUNOV