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lundi 5 octobre 2015

Les incertitudes de l’Homme moderne


Dans les conversations courantes, mais aussi dans les discours publics, et à la radio à la télévision, lorsqu’on observe les réactions des gens, on est frappé par le fait que même s’ils expriment des convictions – et qui peuvent varier d’ailleurs suivant les circonstances – ils ne possèdent pas réellement de certitudes. Ils ont bien des idées philosophiques, religieuses, scientifiques, politiques, artistique s, mais on dirait que quelque chose leur manque pour sentir qu’ils avancent sur un terrain sûr. Pourquoi ?



Pendant des siècles, des millénaires même, les sciences et les techniques n’ont progressé que très lentement. De temps en temps, il y avait bien quelques découvertes, mais les moyens de les diffuser étaient limités, et même quand elles finissaient par être connues et utilisées, elles ne modifiaient pas grand-chose à la représentation que la plupart des hommes se faisaient du monde. Aucune de ces découvertes scientifique sou techniques ne pouvait vraiment remettre en cause l’image de Dieu et de la Création que leur donnait la religion en s’appuyant sur les textes sacrés qu’elle interprétait littéralement. Ainsi, même si des catastrophes venaient bouleverser leur vie, les gens avaient toujours la sensation intérieures d’appartenir à un monde bien défini, et donc d’avancer sur un sol solide et stable ; ils s‘appuyaient sur quelques croyances et connaissances que rien ne pouvait ébranler.

Ils étaient heureux, ils étaient malheureux, mais aucun événement, aussi bouleversant soit-il, ne remettait en cause l’idée qu’ils se faisaient de l’ordre du monde.

Or, avec le temps, le rythme des découvertes s’est accéléré ; et avec ces découvertes un doute a commencé à s’insinuer. Au cours du vingtième siècle particulièrement, dans le domaine scientifique, tellement de certitudes se sont effondrées. En physique, en astronomie, en biologie, on a l’impression que chaque génération vient remettre en question les acquis de la précédente. Ces nouvelles théories, qui modifient profondément la conception de l’homme et de l’univers, modifient donc aussi, chaque fois, l’image de Dieu créateur de l’homme et de l’univers. La religion qui, pour les croyants, avait si longtemps répondu à tous les questions, n’est plus un véritable recours. La multiplication des découvertes et des théories qui se font jour à un rythme accéléré  contribue à créer un climat d’incertitude ; plus personne n’est sûr de quoi que ce soit. On croit de moins en moins qu’il puisse exister des vérités définitives, et on reste dans l’expectative en se disant : "attendons, ce n’est sans doute pas encore fini", et cette mentalité gagne peu à peu les domaines.

Le malaise de l’homme moderne est là : il ne sait plus dans quel monde il vit, il n’est plus sûr de rien, alors il vagabonde à droite t à gauche, cherchant toujours quelque chose et ne sachant même pas clairement ce qu’i cherche. Puisque l’incertitude règne désormais dans ce qu’on pouvait considérer comme le plus sûr ; les sciences quel crédit peut-on accorder à la morale, à la religion, à la spiritualité qui ne sont fondées sur aucun critère objectif et qui entrent même en conflit avec les découvertes scientifiques ? alors, là aussi, on attend et, en attendant, les personnes que la science et la philosophie matérialiste ne satisfont pas pleinement, s’intéressent à tout ce qui peut exister comme sortes de spiritualité, elles vont de l’une à l’autre. Le sentiment qui domine, l’état d’esprit qui se fait de plus en plus jour actuellement, c’est la curiosité, l’envie de nouveautés ; qu’y a-t-il encore à découvrir ?

Il n’est évidemment pas répréhensible de manifester de l’intérêt et de la compréhension pour toutes les formes de spiritualité. Ce qui est dangereux, c’est de s’éparpiller, de ne jamais choisir une méthode de travail intérieur et s’y tenir. Mais comprenez-moi bien, la question n’est même pas de savoir s’il faut être catholique, protestant, orthodoxe, bouddhiste, taoïste, ou rien de tout cela. La question – et elle se pose à chacun, croyant ou incroyant – est de s’arrêter sur quelques vérités spirituelles essentielles et de s’appliquer à les mette en pratique. Sur cette question- là il n’y pas s’incertitude à avoir.

La spiritualité n’est pas un domaine facultatif que l’on peut choisir ou ne pas choisir comme on le fait pour d’autres disciplines : les langues, l’art, le sport, etc. Etant donnée la structure de l’être humain, la spiritualité est une nécessité vitale, et tant qu’il ne prendra pas conscience de cette nécessité, il va se jeter dans des activités absurdes et dangereuses pour lui-même et pour les autres. Tel qu’il est construit, s’il ne trouve pas de nourriture que réclament son âme et son esprit, il sera continuellement tourmenté par un sentiment de vide qu’il essaiera en vain de combler.

L’être humain est comme un puits sans fond ; aucune acquisition matérielle, aucune réussite sociale aucun plaisir, aucun savoir intellectuel même, ne peut vraiment le satisfaire. Il ne faut donc pas s’étonner si tant de gens remarquables par leurs capacités, leur intelligence, finissent par tomber dans les pires égarements. Parce qu’ils n’arrivent pas à trouver ce qu’ils cherchent, et qu’ils ne sont même pas conscients de chercher, tous ces gens sont pris dans un engrenage sans fin ; i leur faut toujours plus de notoriété, toujours plus de pouvoir, toujours plus d’argent, toujours plus de terrain à occuper, toujours plus de plaisirs … et ils sont prêts pour cela à asservir ou à écraser le monde entier. Mais même quand ils ont réussi à s’emparer de tout ce qui fait l’objet de leurs convoitises, ils ne sont pas encore satisfaits, car ils n’ont pas réussi à combler ce vide qu’ils sentent en eux comme un gouffre béant.

Le seul moyen de lutter contre ce vide, c’est de ne plus accepter de vivre dans l’incertitude, mais d’avoir un idéal spirituel. Un idéal spirituel nous lie à un monde supérieur dont nous recevons la nourriture. Et celui qui goûte, ne serait-ce qu’un moment, à cet élixir de la vie divine reçoit plus que ne pourront jamais lui apporter des années d’études, de succès, de pouvoir, de gloire et de plaisir. Cela vous étonne ? eh  bien, c’est que vous ne connaissez pas la nature du monde spirituel.
Le monde spirituel est placé sous le signe de la qualité ; à la différence du monde matériel qui est placé sous le signe de la quantité. C’est la qualité de ce que vous vivez dans votre âme et dans votre esprit qui peut, en une seconde, vous donner une plénitude qu’aucune accumulation de biens matériels ne pourra jamais vous faire éprouver.

Il n’y a donc pas être tellement admiratif de tous ces gens brillants, opulents, puissants, qui ne donnent aucune place à la vie de l’âme et de l’esprit. Et il ne faut surtout pas se fier à eux. Comme ils ne cherchent pas une nourriture spirituelle, la seule qui pourrait les combler, ils sont comme des fauves affamés, et leurs ambitions leurs convoitises, leur voracité finissent fatalement par les entraîner sur les chemins dangereux pour eux-mêmes et pour leur entourage.


Les livres de Omraam sur le blog de Francesca : http://herosdelaterre.blogspot.fr/