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mercredi 2 décembre 2015

LA VIE AUPRES D’UN MAITRE


Chez un être d’une grande spiritualité, ce n’est pas la perfection des traits qui est la plus remarquable. Quels que soient ses traits, sa vraie beauté est dans sa lumière, dans tout ce qui émane de lui.



Même quand le Maître se taisait, tout son être parlait ; et quand il parlait tout son être venait souligner sa parole. Il était pour moi un livre, le meilleur livre, un livre vivant. Or, c’est de livres vivants qu’on a besoin ; les autres, une fois lus, on les place sur une étagère où on les oublie. Tandis que les livres vivants ne se laissent pas oublier, ils se rappellent continuellement à nous. Et c’est là aussi que j’ai commencé à comprendre la différence qui existe entre un savoir intellectuel et un savoir vivant.

Quelle est cette différence ? La même qu’entre l’odeur du papier et celle du pain frais. J’avais découvert l’existence et l’enseignement du Maître grâce  à quelques brochures que m’avait conseillées le libraire de Sofia, mais si j’ai voulu devenir et rester son disciple, c’est parce que j’ai vue, j’ai senti ce qu’il était, lui.

Un monde immense par sa profondeur, sa richesse, sa beauté, voilà ce que me révélait le visage du Maître. Et dans ce visage magnifique, le plus remarquable était le nez. Plus tard, même en consultant toute l’œuvre du physiognomoniste suisse Lavater, jamais je n’ai vu un nez pareil, et je ne peux pas expliquer les pensées qu’il m’inspirait. C’était un nez parfait qui m’a immédiatement fasciné. Oui, fasciné. Rien qu’en regardant son nez, je comprenais que le Maître était un être exceptionnel.
Dans cette forme parfaite, je lisais la sagesse, l’intelligence, la force de l’esprit, les lois de l’harmonie  et au début, je ne pouvais pas en détacher mes yeux. Aussi, j’étais d’autant plus contrarié de ce qui était arrivé, quelque temps auparavant, à mon propre nez.

Dans notre quartier de Varna, malgré les avertissements de ma mère, j’avais l’habitude de grimper sur les toits, des maisons voisines, et un jour, j’étais tombé. Heureusement, cette chute n’avait pas été trop grave, je n’étais pas tombé de très haut : mais je m’étais fait une coupure au nez et, avec le temps, une excroissance s’était formée qui le rendait semblable à un bec. Ce n’était braiment pas beau et j’en souffrais. Alors, une fois, j’en ai parlé au Maître qui m’a dit : "Ne t’inquiète pas, cela s’arrangera". En effet, mon nez a repris peu à peu sa forme normale, et il n’est plus resté de trace de la blessure.

Ce qui m’a aussi tout de suite impressionné chez le Maître, c’était le rythme, l’harmonie qu’il introduisait dans ses gestes, dans sa parole, dans son attitude. Un tel rythme ne se fabrique pas artificiellement, il n’apparaît pas par hasard chez un être, il résulte d’une grande connaissance des lois du monde spirituel.

Ces lois, il faut le savoir longtemps étudiées, intériorisées, pour arriver à y soumettre son corps. Le Maître ne quittait jamais son attitude simple et vraie, jamais il ne sortait de cette harmonie, de ce rythme merveilleux qui donnaient du poids et du sens à tout ce qu’il faisait. Je ne sais pas si j’arrive à me faire comprendre mais je peux vous donner un exemple.

Quand vous chantez ou jouez d’un instrument de musique, il ne suffit pas de respecter les notes, il faut aussi respecter la mesure, le rythme, sinon le plus grand chef-d’œuvre perdra de son sens et de sa beauté.

Moi qui vivais continuellement dans les extrêmes, je m’étonnais de trouver toujours chez le Maître cette mesure, cet équilibre. Il m’était indifférent à ce qui se passait autour de lui, mais tandis que, dans certaines circonstances, les autres s’inquiétaient, s’agitaient, lui conservait toujours le même rythme, et dans son regard on lisait qu’il dominait la situation. Je me disais : "Voilà ce que je dois apprendre. Mon Dieu, si je pouvais lui ressembler" et longtemps j’ai cherché à deviner son secret.

Est-ce que je l’ai découvert ? Cette maîtrise empreinte de bienveillance, d’harmonie, je ressens encore aujourd’hui l’effet qu’elle produisait alors en moi. Avec quelle attention je le regardais, je l’écoutais. Je voulais avoir les mêmes pensées et tes mêmes sentiments que lui, je voulais agir comme lui.

Un jour je le lui ai dit, et j’ai ajouté que je souhaitais lui ressembler aussi physiquement. Il a gardé un moment le silence, puis il m’a répondu : "Oui, un jour, tu me ressembleras"….


Bibliographie d’Omraam, raconte sa rencontre avec P.Deunov sur le blog de Francesca : http://herosdelaterre.blogspot.fr/