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mardi 24 mai 2016

LE SENS DE L’HOSPITALITE


 Les Turcs, lorsqu'ils sont réunis, parlent l'un après l'autre. Ils ont découvert que c'est un moyen de se magnétiser. En Occident, et particulièrement dans les salons français, on se précipite pour prendre la parole, et tous à la fois s'expriment dans un vacarme assourdissant, fatiguant et destructeur. Quand je me trouve dans une telle situation, je me sens complètement anéanti! Vous pensez que je désire le silence autour de moi pour pouvoir, moi, prendre la parole et la garder des heures durant. Non, ce n'est pas cela.

En Bulgarie, on écoute celui qui parle, même s'il est le moins intelligent de tous. On lui témoigne respect et considération. Dans cette atmosphère d'estime et de calme réflexion, le parleur, s'il est bête, sent bientôt sa bêtise, et de lui-même il se tait.

Si on savait l'importance du silence, on s'efforcerait de le cultiver. Mais pourquoi, dans la société occidentale, n'ose-t-on pas rester dans le silence, ne serait-ce que trois minutes ?

Même si le maître et la maîtresse de maison le désiraient, ils n'oseraient pas proposer un instant de silence, de peur de vexer ou d'offenser leurs invités, car leur proposer d'arrêter les discussions et le bruit pour un moment de méditation, de recueillement, ce serait les priver de leur liberté.



Qui risquerait une telle suggestion?

La maîtresse de maison, pour obtenir un peu de paix, se voit dans l'obligation d'offrir à ses invités des boissons et des friandises, elle se met donc à les servir. Pourtant, nombreux sont ceux qui aspirent à pratiquer un peu le silence, parce qu'ils souffrent du vacarme de ces conversations simultanées et désordonnées, et si on en venait à l'admettre, si on osait le proposer, il en découlerait un grand bien pour tout le monde.

Chez moi, les amis que je reçois commencent par s'asseoir. Venus de loin, par le métro, ils ont respiré son atmosphère nauséabonde, ils ont grimpé jusqu'ici, escaladé les étages; je leur dis donc: "Reposez-vous un instant, nous parlerons ensuite". Ils en sont très contents, car c'est une grâce rarement accordée; ordinairement on se jette sur l'arrivant, on le harcèle de questions sur lui-même, sa santé, ses proches etc., alors qu'il désirait se détendre, se rafraîchir, s'apaiser.

Les êtres ont besoin de silence. Ne croyez pas vexer vos amis en leur offrant quelques minutes de repos avant d'engager la conversation. Il est nécessaire, pour chacun de se ressaisir un instant après un long déplacement dans Paris. Mais on est gêné de rester assis les yeux fermés, sans parler, on se croit observé et critiqué, parce qu'une telle pratique n'est pas dans les habitudes. Pourtant cette pratique fait qu'on est dispos, réconforté et apaisé.

Les amis qui viennent nous voir savent que nous avons cette habitude de rester tranquilles, dans le silence, les yeux fermés, avant de converser, et maintenant ils le font eux aussi avec joie. Lorsque je suis entré auprès de vous tout à l'heure, il régnait un silence que j'ai été heureux de sentir.


Propos de Omraam Audio MP3 sur le blog de Francesca http://herosdelaterre.blogspot.fr/