Merci de votre visite

lundi 7 avril 2014

La répartition des Richesses


On m’a souvent interrogé sur le problème de la répartition des richesses nous dit Omraam : pourquoi cette inégalité ? C’est une question qui préoccupe beaucoup de gens, car ils voient là une des plus grandes injustices.

Depuis la Révolution de 1789, la République française a pour devise : "Liberté, Egalité, Fraternité". Mais en réalité l’égalité n’existe pas dans l’univers, partout c’est l’inégalité qui règne. Il n’y a pas d’égalité sur la terre, dans aucun plan. Vous direz « Mais nous avons fait de l’égalité une loi ». Oui, mais la loi n’est qu’un principe abstrait, un texte accroché à un mur, ce n’est pas une réalité concrète. Dans la réalité l’égalité n’existe nulle part : la nature a voulu la diversité, et c’est cette diversité qui engendre l’inégalité. Si certains paraissent plus avantagés que d’autres, c’est parce que les humains ont des capacités différentes. Est-ce normal ? Tout à fait normal. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des hommes, on a pu faire ces constatations. Celui qui était plus habile ou plus vigoureux était par exemple meilleur chasseur, il ramenait plus de gibier et accumulait ainsi plus de provisions que les autres. La nature n’aime pas l’égalité, l’uniformité, le nivellement.

Dans la nature, c’est donc l’inégalité qui règne : la misère chez les uns, l’abondance chez les autres. Pourquoi les gens s’imaginent-ils qu’ils doivent être égaux ? Ce serait la stagnation, il n’y aurait plus de mouvement, plus d’évolution, parce qu’il n’y aurait plus de compétition. Que ce soit pour la richesse, pour le pouvoir, pour le savoir, on ne peut pas empêcher les compétitions. Et il est inutile d’essayer de s’y opposer, jamais on n’y arrivera, jamais, car c’est la nature qui soutient l’inégalité !

Quoi que les gens possèdent, c’est normal, c’est juste. Si certains sont tellement scandalisés et révolté, c’est parce qu’ils ont rejeté la croyance en la réincarnation qui explique et justifie chaque état, chaque situation. Pourquoi certains dans cette incarnation sont-ils fortunés ? Parce que dans leurs précédentes incarnations ils ont d’une façon ou d’une autre travaillé à le devenir. Il est dit dans la Science initiatique que l’homme finit toujours par obtenir ce qu’il chercher. Cella prend plus ou moins de temps, mais s’il persévère dans ses efforts, il l’obtient. C’est une loi cosmique.

Si certains sont riches, c’est parce qu’ils ont développé des qualités déterminées et travaillé pour obtenir ces richesses. Vous direz : "Ouis, mais ils ont employé la ruse, la violence, la malhonnêteté, les mensonges". C’est possible, mais même en utilisant ces moyens, la loi cosmique permet qu’ils les obtiennent, parce que c’est ce qu’ils désiraient et qu’ils ont tout fait pour les obtenir. Maintenant, bien sûr, la question est de savoir s’ils seront tellement plus heureux avec toutes ces possessions, ou même s’ils les garderont longtemps. Car aucun acte ne reste sans conséquence, et que ce soit dans cette vie ou dans la prochaine, celui qui a mal agi finit par être puni d’une façon ou d’une autre. Ainsi beaucoup de malheureux, de déshérités, de mendiants que l’on rencontre dan les rues, sont des gens qui, dans une existence antérieure, s’étaient enrichis en causant la perte des autres, ou bien qui avaient utilisés le pouvoir que leur donnait l’argent pour faire du mal. Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas, de même que tous les riches ne le sont pas devenus par la ruse et la malhonnêteté ; certains le sont devenus par leur travail acharné, ou par héritage, ou par chance, ou grâce à une découverte. Je ne peux pas m’arrêter sur chaque cas particulier, je parle en général.

Certains philosophes ou moraliste voudraient corriger chez les humains le désir de posséder toujours davantage. Là aussi, c’est impossible, jamais ils n’y arriveront, car c’et encore la nature elle-même qui a placé en l’homme ce sentiment d’insatisfaction qui le pousse à vouloir toujours quelque chose de plus ou de différent, que ce soit dans le plan physique, dans le plan affectif ou dans le plan intellectuel. Dans quelque domaine que ce soit, nous sommes tous poussés à nous enrichir d’une façon ou d’une autre. Vouloir acquérir toujours davantage est tout à fait normal. Ce qui n’est pas normal, c’est de tout vouloir garder pour soi.

Pour éclairer cette question il faut étudier la leçon de l’organisme. L’estomac a faim, il réclame de la nourriture ; et quand i la reçoit, il la transforme en énergies en prenant ce qui lui est nécessaire ; et le reste, il l’envoie aux autres organes et parties du corps, il ne garde pas tout pour lui. Voilà, c’est clair, ce que l’estomac reçoit, il ne l’utilise pas seulement pour lui-même, il le transforme, l’élabore et le distribue aux autres. Au bout de quelques heures, quand il ressent un manque, il redemande de la nourriture, et tout recommence. C’est grâce à cette distribution, à ce désintéressement, que l’homme est en bonne santé et qu’il travaille, parle, marche, chante…

Supposons maintenant que l’estomac dise : "Désormais je garderai tout pour moi ! Que représentent ces idéaux-là pour que je continue à leur donner quelque chose ? Et s’il y avait une famine ? On ne sait jamais ce que réserve l’avenir. J’ai toute une marmaille à nourrir, il faut que je fasse des provisions…" Il se mettrait alors à accumuler pour lui au détriment des autres organes qu’il priverait de subsistance ; et lui-même finirait par mourir d’indigestion. On peut faire aussi le même raisonnement pour les poumons, le cœur, le cerveau… Mais les humains n’étudient pas la leçon d’entraide et de fraternité que leur donne leur organisme si sagement conçu par l’Intelligence cosmique. C’est pourquoi la société est un organisme malade, et doublement malade, car pendant que les uns accumulent jusqu’à saturation, les autres sont de plus en plus démunis ; exactement à l’image de ce qui se passe dans le domaine de l’alimentation où pendant que les uns se gavent de nourriture, les autres meurent de faim.

C’est pourquoi une réflexion sur la répartition des richesses doit commencer par une réflexion sur la répartition de la nourriture. En accumulant plus qu’il n’est nécessaire, on prend ce qui était destiné aux autres, et si beaucoup en font autant, certains ayant trop et d’autres pas assez, il s’ensuit un déséquilibre dans le monde. La plupart des conflits ont pour origine la convoitise, l’avidité, le manque de mesure de ceux qui accumulent des richesses ; nourriture, mais aussi terrains, objets dont les autres sont privés. Il est temps que la conscience collective s’éveille pour comprendre et prévoir les conséquences éloignées, les perturbations que ces tendances peuvent provoquer. Ce besoin de prendre, d’absorber plus qu’on n’en a réellement besoin, pousse les êtres à asservir les autres et même à les supprimer à la moindre résistance ou opposition. Même minuscule, c’est là le point de départ de grandes catastrophes. C’est donc très tôt qu’il faut maîtriser cet instinct en s’efforçant de régler d’abord la question de la nourriture ; ne pas accumuler, donner ce que l’on a en trop et manger avec modération. Quand on ne sait pas s’arrêter, quand on se laisse aller à la gourmandise, à la voracité, on alimente en soi des désirs qui ne sont pas naturels, on devient comme ces richards qui ont le besoin maladif de tout accaparer. Ils vivent dans l’opulence, mais leurs ambitions et leurs convoitises sont tellement gigantesques qu’ils cherchent à engloutir le monde entier. Eh oui, il faut apprendre à garder la mesure lorsque vous mangez, parce que c’est là une question qui va beaucoup plus loin que le seul domaine de la nutrition.


Omraam.